RDC : la VSV appelle les services de sécurité à humaniser les conditions d'interpellation
L'ONG la voix des sans voix pour les droits de l'homme (VSV) a dénoncé jeudi 29 janvier, lors d'une conférence de presse tenue à Kinshasa, les violations de la procédure lors des interpellations et arrestations récentes menées par le Conseil national de cyberdéfense.
La VSV cite notamment les cas d'Emmanuel Shadari, Aubin Minaku, Kovo Ingila, Norbert Luyeye, Dunia Kilanga, Norbert Yamba Yamba, Jeannot Binanu, Nathanaël Onokomba, Parole Kamizelo, Dieudonné Didier Ilaani Naanga, etc. Elle exprime également son inquiétude concernant les interpellations et arrestations d'officiers supérieurs des Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC), actuellement détenus sans avoir été présentés devant leurs juridictions compétentes.
Pour la VSV, toute arrestation ou interpellation d'une personne soupçonnée d'infraction, notamment en matière de sécurité, doit se faire dans le strict respect du droit interne, les conventions et traités internationaux relatifs aux droits de l'homme.
"La VSV est d’avis que dans n’importe quel Etat du monde quiconque est suspecté d’être en conflit avec la loi et surtout en matière de sécurité, de sûreté de l’Etat et de stabilisation des institutions peut être interpellé ou arrêté pour répondre des actes répréhensibles lui reprochés. Cependant, cela doit se faire en respectant le droit interne et les conventions et traités internationaux relatifs aux droits de l’homme. Pour le cas de la RDCongo, la VSV est vivement préoccupée par le fait que la plupart de ces interpellations et arrestations se font sans que la procédure en la matière ne soit respectée comme cela se ferait dans un État de droit", a déclaré Rostin Manketa, son directeur exécutif.
L'ONG estime que les violations continues de la procédure risquent de discréditer le pays et ses autorités, qui s'emploient à restaurer la paix et à rétablir l'autorité de l'État dans un contexte d'agression par le mouvement rebelle AFC-M23 soutenu par le Rwanda.
"Une bonne partie de la communauté internationale y compris de nombreux congolais demeurent très attachés au respect des libertés fondamentales, bref des droits des personnes, violer ces droits pourrait refroidir certaines relations au grand dam de la population", a-t-il souligné.
Et d'ajouter : "Il est inadmissible que des personnes soient interpellées dans des conditions inhumaines, les yeux bandés parfois et gardées en détention pendant plusieurs jours voire mois sans qu’elles soient assistées par leur avocat conseil et présentées devant leur juge compétent".
La VSV plaide en conséquence pour l'humanisation des conditions d'interpellation et d'arrestation, dans le respect des droits humains et des lois établies. Cela passe notamment, précise-t-elle, par la cessation des interpellations aux heures indues quel que soit le motif, la présentation d'un mandat judiciaire à la personne avant son arrestation ou son interpellation, le respect du délai constitutionnel de garde à vue et l'information immédiate du motif de toute interpellation.





