Procès Lumbala : un cadre du PPRD rejette les arguments du professeur Tshibangu Kalala, qualifiant le procès Kabila de "bidon"

Alors que le procès de l'ancien chef de guerre Roger Lumbala s'est ouvert mercredi 12 novembre devant la Cour d'assises de Paris, sa défense a immédiatement contesté la légitimité du tribunal français. Elle a exigé que la priorité soit donnée aux juridictions pénales congolaises, qu'elle estime compétentes pour juger cette affaire, en prenant pour exemple la condamnation à mort de l'ancien président Joseph Kabila par la justice de son pays. Cet argument est toutefois rejeté par Maître Marcel Bombamba, cadre et communicateur du parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD).

Procès Lumbala : un cadre du PPRD rejette les arguments du professeur Tshibangu Kalala, qualifiant le procès Kabila de "bidon"
De gauche à droite Me Tshibangu Kalala, avocat de Roger Lumbala, et Me Marcel Bombamba cadre du PPRD

Selon Maître Tshibangu Kalala, avocat de Roger Lumbala, dont la participation à la défense n'avait pas été validée jusque-là, la compétence des juridictions françaises n'est que subsidiaire.

‎"Sur le plan de la réalité et des circonstances de cette affaire, nous considérons que la France n'est pas légitime", a-t-il affirmé.

‎La défense réclame donc l'extradition de l'ancien chef rebelle pour qu'il soit jugé en République démocratique du Congo (RDC), estimant que la justice congolaise fonctionnerait "très bien" actuellement, comme en témoignerait la condamnation de l'ancien président Joseph Kabila.

‎"La justice congolaise fonctionne très bien aujourd’hui à l’exemple de la condamnation pour trahison de l’ancien président de la République Kabila. L’État congolais a demandé l’extradition de M. Lumbala au moins à deux reprises. Ce procès est mal engagé et nous contestons la légitimité de la justice française", a expliqué le professeur Tshibangu Kalala

‎Cet argument est cependant rejeté par Maître Marcel Bombamba. Pour lui, cette posture ne privilégie pas la raison, et il souligne le caractère politique du procès ayant abouti à la condamnation de Joseph Kabila.

‎"En effet, nous rappelons à l'honoré confrère et professeur Maître Tshibangu Kalala, en sa qualité de scientifique il devrait privilégier la raison en lieu et place de l'émotion. Le monde entier y compris la France, pays se réclamant universellement compétant des crimes ci-dessus, ont tous condamnés le fameux procès du président honoraire S.E Joseph Kabila Kabange, d'être orchestré par le pouvoir politique, procès dont le professeur Dr Emmanuel RAMAZANI SHADARY, qualifie de "procès Bidon" qui n'a abouti qu'à la régression de l'organe judiciaire congolais et ayant soumis la République à la honte. Estimons, que l'éminent professeur devait s'écarter des sentiments tribaux avant de donner un tel avis sur place dans un pays sérieux", a-t-il déclaré.

‎Roger Lumbala est poursuivi pour complicité de crimes contre l'humanité : tortures, meurtres, réductions en esclavage, viols, pillages. Ces faits avaient été commis entre 2002 et 2003 lors de l'opération "Effacer le tableau" dans les provinces de l'Ituri et du Nord-Kivu. Selon le Code pénal et le Code de procédure pénale français, l'accusé risque la réclusion criminelle à perpétuité.