Jugé pour crimes contre l'humanité, Roger Lumbala quémande le témoignage de Jean-Pierre Bemba pour se tirer d'affaire

L'ancien chef rebelle Roger Lumbala a adressé, dimanche 16 novembre dernier, une lettre ouverte à son ancien compagnon d'armes Jean-Pierre Bemba, aujourd'hui vice-premier ministre chargé des Transports de la RDC. Il sollicite son témoignage dans le cadre de son procès en France.

Jugé pour crimes contre l'humanité, Roger Lumbala quémande le témoignage de Jean-Pierre Bemba pour se tirer d'affaire
Roger Lumbala, ancien de guerre congolais jugé en France

Dans cette correspondance, Roger Lumbala a regretté le silence de Jean-Pierre Bemba depuis l'ouverture de son procès devant la Cour d'assises de Paris, ainsi que le manque d'égards qu'il aurait manifesté envers sa famille.

‎"j’avais attendu stoïquement votre réaction pour le rétablissement de la vérité d’autant que vous ne risquez absolument pas des poursuites, n’étant pas résident en France. À ma plus grande surprise, vous êtes resté de marbre et vous avez complètement ignoré ma famille", a-t-il écrit. 

‎Tout en dénonçant une justice française qu'il qualifie de "néocolonialiste", il a imploré l'"humanité" de Jean-Pierre Bemba afin de deposer son témoignage, que ce soit auprès de l'ambassade de France à Kinshasa ou de la MONUSCO, pour faire éclater la "vérité". Cet appel a également été lancé à l'endroit des anciens cadres du Mouvement de libération du Congo. 

‎"Monsieur le président, vos anciens cadres et vous-mêmes saviez que le RCD-N n'avait ni militaire ni policier, ni armes ni munitions. Et que je n'étais pas dans la chaîne de commandement de l'ALC. Je n'avais d'autorité sur le commandant bataillon basé à Isiro le général Constant Ndima", explique-t-il.

‎Il est à noter que la Cour d’assises de Paris a rejeté, ce vendredi, l’exception de compétence soulevée par l’ancien ministre congolais et a confirmé que les accusations de crimes internationaux portées contre lui peuvent être examinées en France. Elle justifie cette position par l’absence de procédure devant la Cour pénale internationale ainsi que l’absence de demande d’extradition valable de la RDC.

‎Roger Lumbala est poursuivi pour complicité de crimes contre l'humanité : tortures, meurtres, réductions en esclavage, viols, pillages. Ces faits avaient été commis entre 2002 et 2003 lors de l'opération "Effacer le tableau" dans les provinces de l'Ituri et du Nord-Kivu. Selon le Code pénal et le Code de procédure pénale français, l'accusé risque la réclusion criminelle à perpétuité.