Nouvelles sanctions américaines contre le Rwanda : un tournant diplomatique dans la crise congolaise ?
Les États-Unis ont annoncé, ce lundi 2 mars 2026, l'imposition des sanctions contre les Forces de défense rwandaises (RDF) ainsi que plusieurs hauts responsables rwandais. Ils sont accusés d'être impliqués dans l’instabilité persistante qui sévit dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC).
Parmi les individus sanctionnés par le département du Trésor américain, via son Office of Foreign Assets Control (OFAC), figurent Vincent Nyakarundi, chef d’état-major de l’armée des Forces de défense rwandaises, Mubarakh Muganga, chef d’état-major général des RDF, Stanislas Gashugi, commandant des forces d’opérations spéciales des RDF, et Ruki Karusisi, général de division et commandant de la 5e Division d’infanterie des RDF.
Ces ressortissants rwandais, tous basés à Kigali, sont accusés de jouer un rôle clé dans ce soutien présumé.
Cette décision s’inscrit dans un contexte de recrudescence des combats dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu entre l'armée congolaise et le mouvement rebelle AFC-M23. Ce dernier est régulièrement accusé d'être soutenu par Kigali, et ce malgré les appels répétés de la communauté internationale appelant au retrait des troupes rwandaises et à la cessation de l’occupation de certaines zones.
Ces sanctions économiques visent à entraver le financement et le soutien logistique que Kigali apporte à la rébellion. Elles constituent également un signal politique fort, susceptible de peser sur les équilibres régionaux et les négociations diplomatiques en cours.
Il est à noter que le Rwanda avait admis, il y a quelques semaines, entretenir une collaboration avec la rébellion de l'AFC-M23, justifiée par les impératifs de coordination sécuritaire et de prévention d'une résurgence génocidaire. Cependant, Kigali rejette fermement toute allégation de soutien militaire direct à ce mouvement.





