Nord-Kivu : le GAJH dénonce les confiscations "illégales" de cacao à Beni et demande leur restitution
Le Groupe d’Actions Judiciaires et Humanitaires (GAJH) a adressé une lettre ouverte au gouverneur de la province du Nord-Kivu, dénonçant les mesures prises contre le transport et la commercialisation du cacao sur l’axe Bulongo-Kasindi.
Dans sa correspondance, le GAJH, par la voix de son président Maître Muhindo Lwanga Vasima, exprime son inquiétude face à ce qu’il qualifie de mesures « sévères et illégales » affectant les habitants de Beni ville et territoire de Béni. Selon l’organisation, ces actions entraînent des confiscations arbitraires de camions et de cacao, causant des pertes économiques pour les producteurs locaux et exposant certains citoyens à des risques graves pour leur santé.
« Immobiliser les camions des transporteurs et confisquer le cacao de manière sommaire ne respecte aucune procédure légale. La fraude ne peut être établie qu’à travers le pouvoir judiciaire, et non par des mesures administratives exécutives », souligne le GAJH.
L’organisation cite plusieurs cas de saisie de biens, ainsi que des incidents tragiques liés au stress et à l’hypertension causés par ces interventions.
Le GAJH rappelle au gouverneur que la traçabilité et la lutte contre la fraude doivent se faire dans le respect strict de la loi et de la protection des droits des populations locales.
« Construire la province au détriment de la population, en se basant sur le cacao confisqué, est inacceptable », affirme Me Muhindo. L’organisation demande la restitution des biens saisis illégalement et un réexamen des mesures adoptées.
La lettre a été transmise en copie au procureur général près la Cour d’appel de Goma, au REDOCA de Goma, ainsi qu’au directeur général et à la responsable de l’Office National de Production et d’Appui au Cacao (ONAPAC).
Cette interpellation intervient dans un contexte où la population de Beni continue de faire face aux conséquences de l’insécurité générée par les ADF et aux difficultés économiques liées à la commercialisation des produits agricoles locaux.
Le gouverneur du Nord-Kivu n’a pas encore réagi publiquement à cette demande, mais le débat sur la légalité et l’impact social des mesures relatives au cacao devrait se poursuivre dans les prochains jours.
Rappelons que l'exécutif provincial a récemment annoncé son intention d'affecter les fonds issus de la lutte contre la fraude du cacao et du café au développement de la province.
Rédaction





