Est de la RDC : Kigali reconnaît officiellement sa coopération sécuritaire avec l'AFC-M23

Après des années de déni concernant son soutien à la rébellion de l'AFC-M23, le Rwanda a officiellement admis collaborer avec ce mouvement, au nom de la coordination sécuritaire et de la prévention d'une résurgence génocidaire.

Est de la RDC : Kigali reconnaît officiellement sa coopération sécuritaire avec l'AFC-M23
Paul Kagame, président du Rwanda

Dans une correspondance adressée au Congrès américain jeudi 22 janvier, l'ambassadrice du Rwanda aux États-Unis, Mathilde Mukantabana, a insisté sur le caractère défensif de cette collaboration et a rejeté toute volonté d'influencer les résultats politiques en RDC .

‎"C'est pourquoi le Rwanda s'engage dans une coordination sécuritaire avec l'AFC/M23. Je le précise clairement afin d'instaurer la confiance par la transparence. Si le Rwanda et l'AFC/M23 partagent un intérêt commun à protéger les Tutsis de la RDC contre les Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) et d'autres milices extrémistes soutenues par les FARDC, l'intérêt de mon pays va au-delà : empêcher une nouvelle insurrection transfrontalière génocidaire, comme à la fin des années 1990, qui pourrait menacer l'existence même du Rwanda", peut-on lire dans le document. 

‎Elle ajoute : "Nos actions sont strictement axées sur la protection du peuple rwandais en prévenant les menaces génocidaires transfrontalières Les mesures défensives du Rwanda s'adapteront à mesure que le niveau de menace diminuera, conformément à la feuille de route de mise en œuvre des Accords de Washington".

‎Selon elle, son pays retirera progressivement ses mesures défensives au fur et à mesure que Kinshasa remplira ses obligations dans le cadre du concept d'opérations (CONOPS) inclus dans les accords de Washington.

‎Pour Kigali, le génocide perpétré en 1994 par les FDLR contre la communauté tutsi oblige le Rwanda à maintenir ses capacités de défense jusqu'à ce que des garanties de sécurité crédibles soient établies.

‎"La coordination sécuritaire et les mesures défensives du Rwanda sont limitées dans le temps, conditionnelles et fondées sur la menace. Elles ne sont pas illimitées et prendront fin parallèlement à la mise en œuvre, vérifiée de manière indépendante, des critères CONOPS, par le biais des mécanismes de surveillance mutuellement convenus".

‎L'ambassadrice du Rwanda aux États-Unis reste cependant convaincue que l'accord de Washington, entériné en décembre 2025 grâce au leadership du président Trump, a créé une opportunité sans précédent pour une paix durable et un développement économique transformateur entre la RDC et le Rwanda.