Nord-Kivu : lancement du Forum de paix à Beni pour contrer la menace ADF
Un forum de paix centré sur la lutte contre la menace posée par les Forces démocratiques alliées (ADF) a été officiellement lancé ce lundi 23 février 2026 dans la ville de Beni, au Nord-Kivu. Organisée par le gouvernement provincial, cette rencontre de trois jours réunit autorités locales, représentants nationaux et acteurs de la société civile, tous déterminés à réfléchir à des stratégies de pacification et à une réponse coordonnée face à l’insécurité persistante dans l’Est de la République démocratique du Congo.
Les travaux, qui se déroulent dans l’enclos Congo Solution, visent à élaborer un plan d’action intégré et efficace pour faire face au phénomène ADF, qui sévit depuis plus douze ans dans les territoires de Beni, Lubero, Irumu et Mambasa, les zones les plus touchées par les violences.
Cette initiative intervient dans un contexte sécuritaire particulièrement sombre. Les ADF, un groupe armé ougandais implanté dans la région depuis les années 1990 et accusé de liens avec des mouvements djihadistes comme l’État islamique, sont responsables d’attaques répétées contre les civils et les forces de sécurité. Au fil des années, leurs exactions ont semé la terreur dans de nombreux villages, provoqué des massacres et des déplacements massifs de population, tout en entravant le développement socio-économique de la région.
Des attaques meurtrières récentes, notamment des massacres dans le territoire de Lubero à la fin de l'année 2025, ont été condamnées par la communauté internationale pour leur cruauté et leur impact sur les populations civiles.
Dans son discours d’ouverture, le gouverneur du Nord-Kivu, le Général-major Évariste Somo Kakule, a souligné l’urgence d’une unité d’action : « Nous avons longtemps travaillé en ordre dispersé, l’ennemi a un réseau et un financement international, il est temps d’unir nos forces et notre action pour l’anéantir. » Il a appelé à une réflexion approfondie sur les faiblesses des approches passées et sur les moyens de renforcer la coordination entre acteurs civils et militaires pour mettre fin à ces violences.
Les participants, issus des différentes couches sociales, des administrations locales, des forces de défense et de sécurité, ainsi que des organisations de la société civile sont invités à formuler des recommandations pratiques pour renforcer la sécurité, restaurer la confiance communautaire et améliorer la protection des populations. La présence du Président de l’Assemblée nationale et d’une délégation de la Présidence de la République à l’ouverture du forum témoigne de l’importance accordée par l’État à cette initiative.
Alors que les échanges se poursuivent, les acteurs espèrent que ce forum pourra contribuer à mettre fin à la spirale de violence et à jeter les bases d’une paix durable, en s’appuyant sur une coordination plus étroite entre les forces nationales, les partenaires internationaux et les communautés locales.
Depuis 2014, l’insurrection des ADF a déjà coûté la vie à plus de 10 000 personnes et causé de nombreux handicapés dans l’Est de la RDC, selon plusieurs rapports des structures de la société civile. Un bilan humain lourd qui illustre l’ampleur de la crise sécuritaire à laquelle la population continue de faire face.
Milan Kayenga





