Le président colombien exige le rapatriement de ses citoyens déportés à Kinshasa, tandis que les migrants livrent un récit bouleversant

‎Le président colombien, Gustavo Petro, a dénoncé une situation qu’il qualifie "d’ostracisme" après la déportation de ressortissants colombiens vers la République démocratique du Congo (RDC). Dans un message publié sur X (anciennement Twitter), il a appelé à leur rapatriement immédiat, affirmant avoir ordonné au ministre des Affaires étrangères de son pays de les faire revenir "sans chaînes".

Le président colombien exige le rapatriement de ses citoyens déportés à Kinshasa, tandis que les migrants livrent un récit bouleversant
Les deux ressortissants Colombiens. Photo prise à Kinshasa

Interrogés par le média espagnol El País, deux ressortissants Colombiens, Carlos Alberto Rodelo et Jorge Cubillos, ont livré un témoignage bouleversant. Jorge Cubillos affirme avoir été enchainé en quittant le sol américain. 

‎"Ces mois de détention t’endurcissent… mais ce jour-là, j’ai cédé. J’ai pensé à mes enfants, j’ai prié. On nous emmenait enchaînés vers un pays inconnu, à l’autre bout du monde. Je n’aurais jamais imaginé découvrir l’Afrique ainsi", a-t-il raconté par téléphone depuis Kinshasa au média espagnol.  

‎Ces migrants expriment néanmoins l’espoir d’un retour rapide dans leur pays d’origine. Selon eux, si rentrer dans un pays qu’ils avaient fui sous la menace ne faisait pas partie de leurs intentions initiales, cette option comme est désormais la plus viable compte tenu des circonstances. 

‎Selon El País, depuis leur arrivée, ils sont logés dans une résidence à Kinshasa et bénéficient du soutien de l’Organisation internationale pour les migrations, notamment en nourriture et en soins médicaux. Les autorités congolaises envisagent de leur accorder des visas temporaires. 

‎Voici en entièreté le témoignage d'un migrant colombien arrivé à Kinshasa :

‎"J’ai été arrêté à Orlando, en Floride, et détenu dans une prison fédérale. Vingt jours plus tard, ils m’ont transféré à Jacksonville, dans un centre de détention de l’ICE. Ils ne m’ont pas expliqué pourquoi j’étais détenu, seulement que je faisais l’objet d’une mesure d’expulsion. Les agents ont commencé à faire pression sur moi pour que je parte vers un pays tiers comme le Mexique, mais la situation là-bas est également compliquée à cause du trafic de drogue. C’est pourquoi j’ai déposé un recours en habeas corpus. Depuis Jacksonville, ils m’ont emmené en Louisiane. Là, ils m’ont dit qu’ils allaient me vacciner contre la fièvre jaune parce qu’ils allaient m’envoyer en Angola, mais je pensais que ce n’était qu’une pression et un jeu psychologique. Jusqu’au 13 [avril], ils m’ont sorti et placé dans des cellules à l’aéroport d’Alexandria, et c’est à ce moment-là que j’ai appris qu’ils allaient m’envoyer au Congo", a déclaré Jorge Cubillos.