"L'université n'est pas un fourre-tout" : l'APUKIN dénonce des pressions politiques et des menaces pour l'obtention de diplômes
L’Association des professeurs de l’Université de Kinshasa (APUKIN) a dénoncé, ce lundi 13 avril 2026, les tentatives de banalisation des grades académiques et des diplômes universitaires en République démocratique du Congo, accusant des politiciens congolais de l’actuel régime d’en être à l’origine. Cette dénonciation a été formulée par le président de l’association, le professeur David Lubo.
Ce dernier justifie la position de l’APUKIN par les menaces de mort proférées récemment contre l’un de leurs collègues de l’Université pédagogique nationale (UPN) par un acteur politique congolais, après que l’enseignant a refusé d’accepter son dossier en vue de l’obtention d’un diplôme de doctorat.
« Nous saisissons cette occasion pour dire non à ces pratiques. L’université n’est pas un fourre-tout. L’université n’est pas un panier à crable. L’université n’est pas là pour blanchir les diplômes de tout le monde », a déclaré le professeur David Lubo.
Par ailleurs, il condamne la pratique des recommandations émanant des personnalités politiques visant à faciliter le parcours de certains candidats au sein des établissements d’enseignement supérieur et universitaire.
« Jamais dans l’histoire académique de ce pays, on a connu des recommandations venant des politiciens, soit pour favoriser un assistant, soit pour aller au troisième cycle. Non ! Qu’on laisse tranquille l’université. Comment quelqu'un qui a fait la botanique peut se retrouver, en DEA, en Sciences politiques, Relations internationales, en économie ou en économie ? Il y a des gens qui veulent défendre des thèses sans profil requis », a souligné président de l’APUKIN, promettant de citer dans les jours à venir les noms de ceux qu’il qualifie de fraudeurs.
Le professeur David Lubo s'interroge par ailleurs sur le silence des autorités compétentes face aux Universités qui, selon lui, vendent des diplômes au vu et au su de tous.
L’APUKIN exhorte les politiciens congolais à se dissocier du fonctionnement de l’enseignement supérieur et universitaire afin de garantir la qualité, tout en mettant en garde contre les intimidations visant les professeurs.





