Un million de dollars de victimes englouti : le ministre de la Justice ordonne une enquête sur un documentaire fantôme financé par FRIVAO
Le ministre d’État chargé de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngafa, a ordonné au procureur général près la Cour de cassation d’ouvrir une enquête judiciaire sur la gestion des fonds publics dans le contrat conclu entre le Fonds de réparation et d’indemnisation des victimes des activités illicites de l’Ouganda (FRIVAO) et la société DIVO SARL, propriété de l’homme d’affaires Déo Kasongo. Ce contrat portait sur la réalisation d’un documentaire consacré au Génocide pour des gains économiques (GENOCOST).
Dans un communiqué publié par sa cellule de communication, Guillaume Ngefa indique que le contrat est entaché des graves présomptions d’irrégularités. Il cite notamment le décaissement de plus d’un million de dollars américains, dont une partie reste sans justification, l’absence de livrables conformes aux stipulations contractuelles, ainsi que des violations manifestes des règles de passation des marchés publics.
Pour le ministre de la Justice, ces faits pourraient constituer le détournement de deniers publics.
Il a donc enjoint au parquet général près la Cour de cassation d’identifier tous les responsables, d’engager les poursuites judiciaires appropriées, de mener des actes d’enquête nécessaires et de prendre immédiatement des mesures conservatoires, dont le gel et la saisie des avoirs concernés.
Cette décision intervient quelques jours après la visite du ministre de la Justice effectuée à Kisangani, au cours de laquelle il s’était entretenu avec les victimes de la guerre dite de « six jours » et avait évalué les travaux réalisés dans le cadre de ce dossier, notamment la construction des tombes.
Rappelons que, dans un rapport publié en juillet 2025, le mouvement citoyen FILIMBI avait accusé le FRIVAO d’avoir attribué un marché de gré à gré à la société DIVO international. Selon cette structure citoyenne, le montant alloué à ce projet s’élève à 1 million USD, alors même que le documentaire n’a jamais été livré. Ces accusations ont toujours été rejetées par Divo international, qui affirme avoir produit le travail et visualisé ledit documentaire à Kinshasa en présence des autorités politico-administratives.





