Sud-Kivu : entre crise sécuritaire et tempête politique, le gouverneur Purusi menacé par une motion de censure

Déjà secouée par une crise sécuritaire, la province du Sud-Kivu plonge de nouveau dans une crise institutionnelle. En effet, 18 députés provinciaux, issus du parti présidentiel UDPS-Tshisekedi et de l’UNC de Vital Kamerhe, ont déposé, mardi 21 avril, une motion de censure contre le gouverneur Jean Jacques Purusi.

Sud-Kivu : entre crise sécuritaire et tempête politique, le gouverneur Purusi menacé par une motion de censure
Jean-Jacques Purusi, gouverneur du Sud-Kivu

Ces élus provinciaux reprochent au chef de l'exécutif provincial une gestion « opaque » du budget provincial, l’absence de tout investissement public depuis plus d’un an en raison de de déplacements forcés, ainsi que l'apologie des rebelles.

‎Sur le chapitre de la mauvaise gouvernance administrative, les signataires accusent Jean-Jacques Purusi d’avoir promulgué frauduleusement l’édit budgétaire 2026 sans vote de l’Assemblée, en imputant abusivement la faute à celle-ci. 

‎Ils l’accusent également d’avoir tenu des propos visant à démobiliser les FARDC et les Wazalendo, d’avoir fait l’apologie des rebelles AFC/M23 en public, et d’avoir livré des contre-vérités répétées devant le chef de l’État, notamment sur l’arrestation d’une soixantaine de ressortissants chinois et l’existence de 1 700 entreprises chinoises opérant clandestinement dans la province.

‎Ils lui reprochent également des nominations fondées sur des liens familiaux et tribaux au sein des centres d’ordonnancement.

‎Concernant la gestion financière, ces élus ont, dans leur document adressé au président de l'Assemblée provinciale, accusé le gouverneur d’avoir détourné 44 millions USD en huit mois depuis son investiture (juin 2024 – février 2025). Ils l’accusent aussi d’avoir retiré illégalement 400 000 USD en cash et 10 lingots d’or de 15,712 kg placés sous séquestre judiciaire à la CEEC, biens saisis dans une affaire impliquant des ressortissants chinois condamnés à 7 ans de prison par le TGI de Bukavu.

‎Cette initiative intervient dans un contexte de tension entre l'autorité morale de son parti, l'AFDC, Modeste Bahati, et la majorité au pouvoir, depuis que ce dernier s'était ouvertement opposé à toute révision de la Constitution. Soutenu par le parti présidentiel au détriment du candidat de l'UNC, Jean-Jacques Purusi serait par ailleurs en froid avec son adjoint, Jean Jacques Elakano, issu de l'UDPS-Tshisekedi.