Enseignement supérieur dans les zones occupées : Kinshasa justifie la suspension des cours et promet la protection des parcours académiques
Après la polémique suscitée par la suspension des activités dans les établissements publics d'enseignement supérieur et universitaire situés dans les zones contrôlées par les rebelles de l’AFC/M23, le gouvernement congolais a nuancé sa position, évoquant la nécessité de "préserver la régularité des parcours étudiants et la valeur des diplômes".
Dans un communiqué publié ce jeudi 28 août par le ministère de la Communication et Médias, Kinshasa dénonce l’éviction des comités de gestion légitimes dans ces universités, remplacés par des membres qu'il estime être inféodés à l’AFC/M23.
"Une université congolaise ne peut devenir un butin de guerre", martèle le texte, qui rappelle que l’occupation d’une partie du territoire national ne confère aucune compétence administrative ou académique au Rwanda ni à ses supplétifs.
Selon le gouvernement, ces mesures, prises durant les vacances académiques, à la charnière des années universitaires, visent à organiser, avant la rentrée 2026-2027, l’orientation des étudiants vers des établissements fonctionnant dans le respect des lois de la République.
L'exécutif national congolais insiste : il ne s’agit ni d’une fermeture générale de l’enseignement supérieur au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, ni d’un abandon des populations vivant en zones occupées.
"Les acquis académiques régulièrement obtenus demeurent protégés. Aucun étudiant ne recommencera son parcours à zéro", précise le communiqué, qui promet un suivi permanent et une réévaluation en fonction de l’évolution sécuritaire et du rétablissement de la légalité institutionnelle.
Pour asseoir sa décision, le Gouvernement invoque les articles 42, 43 et 45 de la Constitution, ainsi que la Loi-cadre n°14/004 du 11 février 2014 sur l’enseignement national. Il se réfère également à l'article 13 du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, à l'article 17 de la Charte africaine des droits de l’homme, aux standards de l’UNESCO sur l’autonomie universitaire, et à la Résolution 2601 du Conseil de sécurité des Nations unies sur la protection de l’éducation en période de conflit armé.
"Il serait irresponsable de laisser se poursuivre un cursus dont la régularité serait compromise et d’en faire supporter les conséquences futures aux étudiants et à leurs familles", souligne le texte.
Par ailleurs, le gouvernement tient à rassurer le corps enseignant : les professeurs régulièrement reconnus, y compris ceux déplacés ou réfugiés, continueront à percevoir leur rémunération. En revanche, les cas de collaboration avérée avec l’AFC/M23 seront examinés au cas par cas, dans le respect des droits de la défense.
"La République ne saurait financer ceux qui ont rejoint un mouvement engagé dans l’agression contre elle", affirme le communiqué.
Ainsi, le gouvernement réaffirme sa détermination à protéger les étudiants, à préserver leurs diplômes et à défendre les droits des enseignants. Il rappelle que, malgré l’occupation, l’État continue d’assurer, autant que possible, la continuité des services publics dans les zones concernées.





