Passeport biométrique : les délais de 15 jours, une promesse en trompe-l'œil de Kayikwamba
Alors que le ministère des Affaires étrangères, dirigé par Thérèse Kayikwamba, a réaffirmé que les délais d'obtention du nouveau passeport biométrique ne dépassent pas quinze pour toute demande effectuée en ligne et régulièrement payée, les témoignages recueillis par Infos7.cd auprès des lecteurs et d'intermédiaires viennent contredire ces assurances officielles.
Plusieurs demandeurs, qui nous ont contactés après la publication de notre précédent article sur le communiqué du ministère publié dimanche 26 juillet, indiquent ne pas avoir reçu leurs passeports, bien que les délais annoncés soient largement dépassés.
"Faux et archifaux", a ainsi réagi un professeur de l'Université des Sciences de l'information et de la communication (UNISIC) à la lecture de notre publication.
De son côté, Camila, une demandeuse ayant effectué sa capture depuis le 19 juin au Centre situé dans l'immeuble Infinity, dans la commune de la Gombe, s'interroge sur les raisons de ce retard.
"Je vous contacte concernant le passeport, ça fais plus d’un mois que j’ai fais la demande de passeport mais c’est toujours pas sorti et je ne sais pas pourquoi alors que le délai est de 10 à 15 jours", nous a-t-elle écrit.
Autre cas révélateur : celui d'un père de famille qui affirme avoir récupéré son précieux sésame en juillet alors que sa capture avait été réalisée en février 2026.
"Donc ce n'est pas une nouvelle information dans ce cas? Parce que moi je viens de retirer le mien le lundi passé après la capture au mois de fevrier", a-t-il réagi, remettant directement en cause l'affirmation du ministère des Affaires étrangères selon laquelle toutes les demandes introduites en 2026 seraient traitées dans le délai de 15 jours.
Au-delà des discours rassurants, la réalité vécue par les Congolais désireux d'obtenir un passeport semblent se muer en un véritable calvaire administratif. Alors que la digitalisation du processus visait à mettre fin aux tracasseries, les vieux démons du système semblent résister farouchement.
Autour des centres et des bureaux, des intermédiaires illégaux prospèrent, promettant aux demandeurs de débloquer un dossier, d’avancer un rendez-vous, de retrouver un document égaré ou d'accélérer une signature. En contrepartie, le demandeur doit mettre la main dans le portefeuille.
L'une de ces intermédiaires a qualifié de "pire mensonge" l'annonce réitérée d'un délai de quinze jours. Selon elle, les multiples étapes préalables à la capture imposent déjà au demandeur un parcours du combattant. Elle rajoute même que pour le circuit d'urgence, le délai d'un mois n'est plus tenable, compte tenu de la lenteur du système.
Interrogée sur la tarification, elle indique facturer ses services entre 200 et 250 dollars américains, sans toutefois garantir l'obtention du passeport dans un temps donné.
Derick Katola





