Balkanisation de la RDC en marche ? Martin Fayulu dénonce l'"abandon" des étudiants de Goma et Bukavu par Kinshasa
Le président du parti d'opposition Engagement pour la citoyenneté et le développement (ECIDé), Martin Fayulu, a vivement condamné la décision de la ministre de l'Enseignement supérieur, universitaire, Recherche scientifique et Innovations (ESURSI) suspendant les activités académiques dans les établissements publics se trouvant dans les villes de Goma (Nord-Kivu) et Bukavu (Sud-Kivu), zones actuellement sous le contrôle de la rébellion de l'AFC-M23.
Dans une publication sur son compte X (anciennement Twitter), l'opposant dénonce un complot qui, selon lui, viserait à la balkanisation de notre pays. Il estime que, par cette mesure, le gouvernement a de fait abandonné les étudiants de ces établissements entre les mains du mouvement rebelle.
"L’arrêté de la ministre de l’ESU suspendant toutes les activités académiques au sein des établissements publics d’enseignement supérieur et universitaire de Goma et de Bukavu me conduit à une conclusion : le pouvoir de Kinshasa est en plein dans le complot visant à la balkanisation de notre pays. Cette mesure signifie tout simplement que nos frères et sœurs vivant à Goma et à Bukavu, notamment les étudiants, sont abandonnés aux mains des rebelles de l’AFC/M23", a-t-il écrit.
M. Fayulu appelle l'exécutif national de rapporter immédiatement cet arrêté.
"Il est temps de mettre fin à l’amateurisme. S’il vous plaît, ayez pitié des Congolais !", s'est-il exclamé.
Pour rappel, par un arrêté daté du 20 août, la ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, Recherche scientifique et Innovations (ESURSI), Marie-Thérèse Sombo, a suspendu les activités académiques et para-académiques dans onze établissements publics d’enseignement supérieur et universitaire situés à Goma (Nord-Kivu) et à Bukavu (Sud-Kivu). Ces villes sont actuellement sous le contrôle de la rébellion de l'AFC-M23, soutenue par le Rwanda.
Parmi ces institutions figurent l’Université officielle de Goma (UOG), l’Institut supérieur de commerce de Goma (ISC-Goma), l’Institut supérieur des techniques médicales de Goma (ISTM-Goma), l’Institut supérieur pédagogique de Goma (ISP-Goma), ainsi que leurs homologues de Bukavu : l’Université officielle de Bukavu (UOB), l’ISC-Bukavu, l’ISTM-Bukavu, l’ISP-Bukavu, l’ISDR-Bukavu et l’ISAM-Bukavu.
Par ailleurs, 48 membres du personnel académique professeurs, chefs de travaux et assistants ont été radiés des listes de paie de l’État. Le gouvernement central leur reproche d'avoir accepté des nominations accordées par la rébellion pour diriger ces établissements universitaires.





