ESURSI: Kinshasa suspend les activités académiques dans 11 établissements de Goma et Bukavu et raye 48 enseignants des listes de paie pour "collaboration avec l'AFC-M23"
La ministre de l’Enseignement supérieur, universitaire, Recherche scientifique et Innovations (ESURSI), Marie-Thérèse Sombo, a signé un arrêté en date du 20 août, suspendant les activités académiques et para-académiques dans plusieurs établissements publics d’enseignement supérieur et universitaire situés à Goma (Nord-Kivu) et à Bukavu (Sud-Kivu). Ces villes sont actuellement sous le contrôle de la rébellion de l'AFC-M23, soutenue par le Rwanda.
Cette mesure préventive concerne onze institutions, parmi lesquelles figurent l’Université de Goma (UOG), l’Institut supérieur de commerce de Goma (ISC-Goma), l’Institut supérieur des techniques médicales de Goma (ISTM-Goma), l’Institut supérieur pédagogique de Goma (ISP-Goma), ainsi que leurs homologues de Bukavu : l’Université officielle de Bukavu (UOB), l’ISC-Bukavu, l’ISTM-Bukavu, l’ISP-Bukavu, l’ISDR-Bukavu et l’ISAM-Bukavu.
L'arrêté précise que la suspension s'applique à l'ensemble des opérations académiques : inscriptions et réinscriptions, enseignements, évaluations, délibérations ainsi qu'à tout acte pouvant aboutir à la délivrance d’un titre universitaire pour l’année académique 2026-2027.
Afin de ne pas pénaliser les étudiants finalistes de l’année académique 2025-2026, la ministre autorise ceux-ci à passer leurs évaluations ou à réaliser les activités académiques restantes dans des établissements publics ou privés légalement reconnus par la République. Cette dérogation vise à assurer la continuité de leur parcours et la validité de leurs diplômes, malgré le contexte sécuritaire dégradé.
Par ailleurs, 48 membres du personnel académique professeurs, chefs de travaux et assistants ont été radiés des listes de paie de l’État. Le gouvernement central leur reproche d'avoir accepté des nominations accordées par la rébellion pour diriger ces établissements universitaires.
Enfin, le document précise qu'une surveillance permanente de l’évolution de la situation sécuritaire sera maintenue. Cela permettra aux autorités compétentes de prendre, en temps utile, les mesures nécessaires en vue d'un éventuel rétablissement du fonctionnement normal des établissements concernés.
Derick Katola





