RDC : "Voix de la presse", un nouveau souffle pour un journalisme plus solidaire et innovant
Une nouvelle organisation professionnelle du secteur des médias a été officiellement lancée le mercredi 29 juillet 2026, au Centre Wallonie-Bruxelles de Kinshasa. Il s'agit de "Voix de la Presse", une association sans but lucratif qui entend contribuer à l’émergence d’une presse congolaise libre, crédible, innovante et économiquement viable.
Devant un parterre d’autorités, de partenaires et de confrères, le coordonnateur du comité provisoire de l’association, Prince Mayiro, a posé, dans son discours fondateur, les jalons d’une ambition collective : faire émerger une presse congolaise plus forte, plus solidaire et plus tournée vers l'avenir.
D’entrée de jeu, l’orateur a tenu à dissiper toute équivoque : "Voix de la presse n’ambitionne nullement de remplacer les structures existantes ", a-t-il affirmé, précisant plutôt que l'association souhaite plutôt s'impliquer au paysage médiatique actuel pour y " jouer sa partition ".
Il a décrit cette naissance comme l'acte fondateur d’une conviction partagée : celle d’une profession qui décide de reprendre confiance en elle-même et de construire son avenir, malgré les multiples défis qui jalonnent son chemin : précarité, mutations technologiques et concurrence des réseaux sociaux.
Prince Mayiro a martelé que la véritable richesse d’un média ne réside ni dans ses infrastructures ni dans ses équipements, mais bien dans la qualité de ses journalistes. Il a également insisté sur la nécessité d’une solidarité renouvelée, appelant à remplacer la concurrence permanente par une culture de la coopération pour bâtir une profession unie.
Le discours a aussi souligné la nécessité d’une adaptation aux nouveaux enjeux du XXIe siècle.
"Le journalisme du XXIe siècle ne peut plus être exercé avec les méthodes du siècle dernier", a-t-il déclaré, plaidant pour une maîtrise des nouvelles technologies, de l’investigation aux données, en passant par l’intelligence artificielle.
Cette cérémonie de lancement a été également marquée par l'organisation d'un panel sur le thème : "Le journalisme à l'ère de l'intelligence artificielle : dangers et opportunités".
Les panélistes ont reconnu l'apport de l'IA, présentée comme un outil capable de libérer du temps aux journalistes et d'augmenter leur productivité. Toutefois, ils ont plaidé pour une utilisation responsable, insistant sur la nécessité de garder la main sur ces outils pour ne pas se laisser déformer ou dominer par des informations générées ou collectées automatiquement sur le web.
"Malgré l'importance de l'IA, le journaliste devra conserver sa responsabilité éditoriale final, vérifier des sources et son jugement éthique", a rappelé Axel Gontcho, enseignant à l'Université des Sciences de l'information et de la communication (UNISC, ex IFASIC).
Derick Katola





