Tensions au Kasaï : l'archevêché de Kananga appelle à la maturité spirituelle face à la fronde de 17 prêtres pro-changement de la Constitution
L'archevêché de Kananga, au Kasaï-central, a lancé un appel à un sursaut de maturité spirituelle et civique, tant à l'égard de la population du Grand Kasaï que des dix-sept (17) prêtres qui ont pris leurs distances avec la position officielle des évêques de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) concernant le changement de la Constitution.
Dans un message d'orientation à l'unité et au sens de l'Église publié ce samedi 4 juillet, l'archevêché de Kananga a dénoncé une profusion de messages de manipulation et de haine visant Monseigneur Félicien Ntambue Kasembe, archevêque de Kananga, pour avoir cosigné le communiqué de la CENCO.
Accusé à tort d'avoir trahi le Grand Kasaï, Mgr Félicien Ntambue Kasembe ne s'est pas portant pas pris position contre président Tshisekedi, précise l'archevêché, qui rappelle que la collégialité épiscopale ne saurait être assimilée à une trahison.
« Fidèle à l'évangile et à son peuple, notre père Mgr Félicien Ntambue Kasembe ne peut en aucun cas trahir l'évangile de Jésus-Christ, qui est un message d'amour, de justice et de libération. De même, il ne peut trahir le peuple Kasaïen dont il connaît et partage les souffrances et les aspirations légitimes », peut-on lire dans le communiqué.
L'archevêché de Kananga a par ailleurs démenti formellement les allégations de détournement de fonds liés à un projet social à impact visible à Kananga et à Kabinda, faussement imputées à Mgr Félicien Ntambue. Il souligne au contraire son engagement en faveur du bien-être des populations du Grand Kasaï.
Face aux accusations relayées sur les réseaux sociaux, l'archevêché exhorte la population du Kasaï-central à cultiver le sens de l'Église et à former un seul corps autour de leur archevêque, pour l'édification de l'Église locale et l'accompagnement spirituel du pays.
Dans la région, l'Église catholique apparaît aujourd'hui divisée sur le brûlant débat constitutionnel. Fin juin, dix-sept prêtres de Kananga ont en effet pris publiquement le contre-pied de la position de la CENCO, en exprimant leur soutien au changement de la Constitution. Cette prise de position a provoqué de vives tensions au Kasaï-central, certaines paroisses ayant été ciblées par des partisans du parti au pouvoir, UDPS-Tshisekedi.
C.K





