RDC : Thierry Monsenepwo saisit le Vatican pour clarifier le rôle politique de la CENCO
Membre de l'Union sacrée, Jean Thierry Monsenepwo a adressé un mémoire aux dicastères compétents du Saint-Siège, l'Institution suprême de l'Église catholique, afin d'obtenir un éclaircissement doctrinal et canonique sur la prise de position de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) dans le débat actuel du changement de la constitution.
L'information, rapportée jeudi 25 juin 2026 par l'Agence congolaise de presse (ACP), qui a consulté la correspondance, indique que Monsenepwo estime nécessaire que le Vatican précise les limites de l’intervention des conférences épiscopales, en particulier celle de la RDC, dans les débats politiques et constitutionnels.
Lui-même fidèle catholique, le président du Conseil d'administration de Cobil, l'intéressé a tenu à préciser que son initiative ne vise ni à contester l’autorité des évêques encore moins s'opposer à leur mission pastorale. Il s'agit plutôt, selon lui, d'un profond attachement à la communion ecclésiale, à la doctrine de l’Église et à une juste articulation entre la mission spirituelle des pasteurs et la responsabilité temporelle des fidèles laïcs.
Toutefois, Monsenepwo estime que certains passages du communiqué de la CENCO semblent franchir la frontière entre l’enseignement des principes moraux et l’adoption d’une position politique déterminée sur des questions qui demeurent légitimement discutables entre catholiques de bonne foi.
Il y a quelques jours, les évêques de la CENCO ont exprimé leur opposition à l'initiative du changement de la Constitution, lancée par le camp présidentiel. Ils ont jugé qu'il n'y avait ni “nécessité ni urgence”, à changer la loi fondamentale en cette période d'agression rwandaise, soulignant le risque de balkanisation du pays.
Cette prise de position est vivement critiquée à l'Union sacrée de la nation, la plateforme politique et électorale du chef de l'État Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo. À l'inverse des évêques catholiques, des pasteurs réunis au sein du Mouvement du Réveil ont récemment soutenu qu'il y avait au contraire “nécessité et urgence” de changer la constitution, affirmant, sur la base de leur sondage , que près de 80% de Congolais seraient favorables à cette initiative.
C.K





