Confiscation du passeport de Delly Sesanga : le gouvernement justifie une mesure de " routine " liée aux incidents du 12 juin

La confiscation du passeport de l’opposant Delly Sesanga est présentée par les autorités congolaises comme une mesure de routine, lieye à un dossier judiciaire ouvert par le parquet général près la Cour de cassation. Celui-ci fait suite aux incidents survenus lors de la répression du sit-in de l'opposition organisé le 12 juin aux abords du Palais du peuple.

Confiscation du passeport de Delly Sesanga : le gouvernement justifie une mesure de " routine " liée aux incidents du 12 juin
Patrick Muyaya, porte-parole du gouvernement congolais

Interrogé par Radio France Internationale (RFI), le porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, a indiqué que cette procédure trouve son origine dans les déclarations des leaders de l'opposition, qui ont affirmé qu'il il y aurait eu des morts et des disparus à la suite de ces événements.

‎"J’ai appris de sources judiciaires qu’un dossier avait été ouvert parce que, figurez-vous, nous, au niveau du gouvernement, estimons que la violence n’a pas sa place en démocratie. Vous avez vu le communiqué que nous avons publié à la suite de la manifestation du 12 juin. Par la suite, il y a eu des prises de position des uns et des autres. Certaines affirmaient qu’il y avait dix morts, d’autres parlaient d’autant de blessés, d’autres encore évoquaient des personnes portées disparues. Le parquet s’est saisi du dossier. Il y a donc aujourd’hui des enquêtes en cours qui nécessitent certainement que le sieur Sesanga, ou d’autres, puissent présenter leurs moyens de défense. C’est donc une procédure judiciaire normale, consécutive aux déclarations faites par certains d’entre eux. Car s’il y a eu des allégations de ce type, il est tout à fait normal que le parquet veuille obtenir des éclaircissements ", a-t-il expliqué.

‎Le porte-parole de l'exécutif national a invité l'opposant Delly Sesanga a saisir les autorités judiciaires pour obtenir une autorisation de sortie du territoire, afin de pouvoir se rendre à l'étranger pour des soins médicaux.

‎"Je pense donc qu’il existe des voies de recours qui peuvent permettre à M. Sesanga d’obtenir l’autorisation de voyager. C’est, à mon avis, une question de routine ", a affirme le ministre Patrick Muyaya.

‎La Direction générale des migrations (DGM) avait confisqué, dimanche 28 juin, le passeport de l'opposant Delly Sesanga alors qu'il s'apprêtait à embarquer à destination de l'Europe pour y recevoir des soins médicaux. Cette mesure intervient alors qu'il souffre encore des blessures infligées lors de la répression du sit-in du 12 juin dernier.

‎Selon Delly Sesanga, les agents de l'immigration postés à l'aéroport international de N'djili lui avaient signifié qu'il devait se présenter à la Cour de cassation, sans toutefois lui notifier le moindre grief.

Derick Katola