DRC Mining Week 2026 : Raphaël Kabengele sonne la charge contre la fraude minière et impose la doctrine de la « tolérance zéro »

‎À Lubumbashi, l’Inspecteur général des mines a dévoilé un plan d’action sans précédent : récupérer les concessions envahies, tracer chaque gramme de cobalt et de cuivre jusqu’au port, et faire de l’exploitation artisanale un véritable levier de recettes fiscales. Objectif affiché : faire de la transparence l’arme économique de la République démocratique du Congo.

DRC Mining Week 2026 : Raphaël Kabengele sonne la charge contre la fraude minière et impose la doctrine de la « tolérance zéro »

Fin de la récréation. Depuis la tribune de la DRC Mining Week, Raphaël Kabengele, Inspecteur général des mines, a sorti l’artillerie lourde contre l’envahissement des sites, la fraude et l’exploitation illicite qui saignent le secteur. « Nous mettons toutes les batteries en marche », a-t-il lancé d’un ton martial.

1. Opération reconquête : rendre leurs mines aux opérateurs légaux

‎Premier front : l’occupation anarchique des concessions. Le patron de l’IGM en fait une affaire personnelle. « Avec le groupe ERG, c’est un travail quotidien. Je reçois leurs dirigeants, mes équipes sont sur place, et nous avons déjà restitué plusieurs sites », a-t-il révélé. Une cellule spéciale est désormais chargée de traquer chaque cas d’envahissement pour rétablir les opérateurs légaux dans leurs droits.

‎2. La traçabilité comme arme fiscale

Deuxième front : stopper les fuites de revenus qui privent l’État de ressources essentielles. Kabengele impose une règle claire : « Chaque gramme de minerai sera tracé, du puits d’extraction à l’exportation, en passant par l’usine de traitement ». Le calcul est assumé : « La traçabilité fait monter les prix. Et quand les prix montent, l’État encaisse davantage de taxes via l’IGM. » Un cercle vertueux pour le Trésor public.

3. Encadrer, ne pas chasser : la nouvelle donne de l’artisanat minier

Sur l’épineux dossier des creuseurs artisanaux, l’Inspecteur général refuse la caricature. « Le Code minier donne aux communautés locales le droit d’exploiter. Je n’invente rien. » Sa réponse : dégager des zones viables, canaliser et encadrer les artisanaux pour en faire des partenaires contrôlés. Même logique contre l’exploitation illicite : formaliser pour mieux contrôler.

‎Dossier chaud du moment, la rivière Musonoï à Kolwezi ? « Une commission mandatée par le ministre des Mines est déjà à la manœuvre avec Metalkol », a-t-il confirmé.

‎4. Le pari de la transformation locale

Au-delà de la police des mines, Kabengele veut coller à l’ambition gouvernementale : faire passer la RDC du statut de « pays producteur » à celui de « pays transformateur ». L’IGM se pose en gendarme de cette mutation. « Notre rôle d’organe de contrôle, d’audit et de surveillance sera pleinement joué pour accompagner cette vision », a-t-il promis.

‎Ligne directrice : que le sous-sol serve enfin les Congolais

‎En durcissant le ton à la DRC Mining Week, Raphaël Kabengele s’impose comme l’architecte de l’assainissement minier. Sa doctrine tient en trois mots : transparence, traçabilité, recettes. Avec une finalité claire : que la richesse du sous-sol congolais alimente durablement le Trésor public et améliore concrètement la vie des populations.