‎DRC Mining Week 2026 : Popol Mabolia impose le « choc de fiabilité » pour faire du Cadastre minier un levier stratégique de la RDC

‎Fini le temps des dossiers bâclés et des informations approximatives. C’est le message ferme qu’a voulu faire passer Popol Mabolia, Directeur général du Cadastre minier (CAMI), à l’occasion de la 21ᵉ édition de la DRC Mining Week. Intervenant avec force lors d’un panel consacré à la bancabilité des projets miniers, il a posé les jalons d’une nouvelle doctrine : la compétitivité de la RDC se jouera désormais sur le terrain de la donnée fiable et de l’administration dématérialisée.

‎DRC Mining Week 2026 : Popol Mabolia impose le « choc de fiabilité » pour faire du Cadastre minier un levier stratégique de la RDC
Popol Mabolia, DG du CAMI

‎1. L’étude de faisabilité, pierre angulaire du projet minier

‎Interrogé sur son principal cheval de bataille, Popol Mabolia a été sans équivoque : « Une étude de faisabilité n’est pas un simple formulaire administratif. C’est l’ADN d’un projet minier moderne. » Selon lui, ce document doit refléter avec exhaustivité le potentiel géologique, les choix technologiques, le modèle économique, l’impact environnemental et la viabilité sociale du projet. Sa solidité détermine l’afflux ou la fuite des capitaux. Dans un contexte de volatilité des cours des matières premières, « ne pas actualiser son étude, c’est piloter à l’aveugle », a-t-il martelé. Des données actualisées sont également indispensables pour appliquer correctement le Code minier et, le cas échéant, déclencher le mécanisme de partage des revenus exceptionnels.

‎2. Le virage numérique du Cadastre

Deuxième priorité affichée : en finir avec la lourdeur administrative. Le CAMI accélère la digitalisation de ses services autour d’un triple objectif : instaurer une transparence totale, sécuriser les données stratégiques du sous-sol et rendre l’information accessible à tous les opérateurs, des juniors aux majors. À la clé, un climat des affaires plus prévisible, conforme aux standards internationaux, et une gestion fluide des titres miniers. « Moins de lenteurs, une traçabilité intégrale, plus aucune zone d’ombre », a résumé le DG.

‎3. Un cadastre de proximité, hybride et réactif

Popol Mabolia prône un « cadastre de proximité » : d’un côté, le renforcement des directions provinciales pour un accompagnement physique de terrain ; de l’autre, des portails en ligne permettant le dépôt, le suivi et l’obtention des titres à distance. L’ambition est d’offrir au même investisseur, qu’il soit à Kolwezi, Goma ou Kinshasa, la même réactivité et la même qualité de service. L’administration minière se veut désormais mobile, accessible et à l’écoute.

‎4. La formule gagnante : données fiables + transparence + digital

‎Pour le DG du CAMI, la digitalisation n’est qu’un outil. Le véritable enjeu reste la qualité des données techniques qui sous-tendent chaque investissement. « Des études de faisabilité robustes, une transparence sans faille et une administration innovante : voilà le trépied d’une gouvernance minière performante », a-t-il insisté. C’est à cette condition, selon lui, que la RDC pourra s’imposer durablement comme une puissance minière crédible et compétitive sur la scène mondiale.