Répression du sit-in de la C64 : un rapport accablant de Justice et Paix Congo (CENCO) dénonce deux morts, des blessés et des extorsions
Justice et Paix Congo (JPC), une structure de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), a dressé un bilan de deux manifestants tués et d'une dizaine de blessés dans les deux camps, lors de la répression du sit-in de la coalition Article 64 pour la défense de l'ordre constitutionnel (C64) organisé vendredi 12 juin aux abords du Palais du peuple. Ces chiffres, qui contredisent la version officielle, sont contenus dans un résumé du rapport de monitoring de JPC publié lundi 15 juin.
Selon ce document, quinze moniteurs mobiles de Justice et Paix Congo ont été déployés le jour de l'événement : cinq aux abords du Palais du peuple et dix sur les grandes artères de la capitale, afin de suivre le déroulement de l'activité.
Cette structure de la CENCO précise que, parmi les deux décès enregistrés, la première victime a été tuée par balle, son corps ayant été emporté dans un véhicule de police. La seconde est morte à coups de bâtons et de pierres lors de l'assaut mené par la " Force du Progrès " contre le siège de l'ECIDé.
Le rapport accable davantage la " Force du progrès ", dont les éléments avaient tenu une réunion, la veille du sit-in, à la 10e rue, dans la commune de Limeté. Selon Justice et Paix Congo, des militaires, des policiers et des éléments de la Force du Progrès, avaient été déployés conjointement le matin du 12 juin sur les grandes artères.
"Avant la descente des manifestants aux alentours du Palais du Peuple, leurs sièges (surtout ceux situés sur l'avenue de l'Enseignement) et leurs différentes processions (pour ceux dont les sièges ne se situent pas sur l'avenue de l'Enseignement) ont été attaqués par des éléments de la Force du progrès. C'est, par exemple, les cas des attaques dirigées contre le siège de l'ECIDé, ayant entraîné la mort d'un manifestant ; le siège de FONUS d'Olengankoy, le siège de l'Alliance pour le Changement de Jean-Marc Kabund. Tous les manifestants qui sont passés par l'avenue de l'enseignement ont été également la cible de la Force du progrès", précise le rapport.
Le monitoring met également en cause l'usage disproportionné de la force de la part de la police, ainsi que sa complicité avec les éléments de la Force du progrès qui agissaient ouvertement en échangeant de jets de pierres et autres projectiles avec les manifestants, sans être neutralisés.
"Plus de la moitié des rapports de terrain, 53,3%, attestent que plusieurs dizaines de personnes ont été blessées, dont certaines grièvement, dans les deux camps. Quelques dizaines d'interpellations arbitraires ont également été enregistrées selon 40% des rapports, tandis qu'un tiers d'entre eux signalent des cas d'extorsion de biens commis par la Force du Progrès", souligne le document.
Pour Justice et Paix Congo, restreindre les libertés publiques, procéder à l'usage excessif de la force ou utiliser des milices pour réprimer ou étouffer les contestations est contre-productif pour l'État de droit et la cohésion nationale.
Ainsi, cette structure de la CENCO recommande au Parlement d'adopter un cadre légal encadrant les manifestations et réunions publiques. Elle invite également le gouvernement national à équiper la police de matériels d'accompagnement et d'encadrement des manifestants, à procéder au recyclage et au renforcement des capacités de la Police, ainsi qu'à la neutralisation de la Force du progrès, dont les opérations portent atteinte aux droits et libertés des paisibles citoyens.
Enfin, Justice et Paix Congo exhorte les partis politiques à promouvoir la non-violence et à sensibiliser leurs militants à la discipline lors des manifestations publiques, afin d'éviter les actes de vandalisme et les provocations envers la Police.





