Examen d'État 2026 : un rapport dénonce corruption, tricherie technologique et le double financement

‎Les épreuves de l’examen d’État 2026 ont été entachées par de nombreuses irrégularités, notamment des cas de corruption et de tricherie à grande échelle. C’est ce que révèle un rapport d’évaluation des épreuves de hors session et session ordinaire de l'Exetat, publié jeudi 30 juillet par la Synergie des syndicats des enseignants de la RDC.

Examen d'État 2026 : un rapport dénonce corruption, tricherie technologique et le double financement
Des élèves finalistes célébrant leur réussite à l'examen d'État

Lors d’une tribune organisée par l’ONG La Voix des sans voix pour les droits de l’homme, la Synergie a dénoncé une complicité entre les chefs de centres, surveillants des salles et chefs d'établissements, qui aurait permis à des candidats d'utiliser leurs téléphones portables en plein examen.

‎"Les points sont distribués aux participants en contrepartie de certains arrangements. La session ordinaire est émaillée des actes et pratiques non recommandables: les élèves ont leurs portables pendant la session et communiquent facilement avec un labo bien posté (aidés) par l'avancée technologique avec le ChatGPT, la collaboration autorisée par le chef de centre", peut-on lire dans le document.

‎La structure syndicale note également une politisation de l'évaluation avec ce qu'elle qualifie de publication de célérité, le manque de transparence da's la gestion de fonds générés par la publication des résultats exécutée par les sociétés de télécommunications.

Elle déplore aussi le décalage entre les résultats obtenus et le niveau réel des apprenants finalistes, estimant que la session ordinaire se déroule de manière "aléatoire et en toute complaisance".

‎Autre point sensible : le double financement des épreuves hors session de l'Exetat, assuré à la fois par l'État congolais et par les frais payés versés par les élèves, soit 140 000 francs congolais par candidat, pour un total d'un million neuf cent mille participants. La synergie juge ces montants "exorbitants" et souligne le contraste avec la situation des intervenants, dont certains seraient impayés, tandis que d'autres n'auraient perçus que des primes "dérisoires".

‎Face à ce constat alarmant, la Synergie des syndicats des enseignants de la RDC réclame la convocation des états généraux de l’Inspection générale de l’enseignement, afin d'évaluer les forces et faiblesses de l'organisation de ces examens et d'y apporter les aménagements nécessaires. L'objectif affiché est de promouvoir une culture de l'intégrité, de l'éthique et du mérite, pour préserver la crédibilité de l'Examen d'État.

Derick Katola