Accusés de subversion, les évêques catholiques ripostent et dénoncent un possible deal Kinshasa-Kigali pour la balkanisation de la RDC

‎Le secrétaire général de la Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO), Monseigneur Donatien Nshole, a vivement rejeté les accusations de "subversion" portées contre les prélats catholiques par l'Union sacrée de la nation, après que ceux-ci ont pris position contre le changement de la Constitution en pleine guerre. Il s'est exprimé lors d'un Space sur X organisé par le journaliste Stanys Bujakira.

Accusés de subversion, les évêques catholiques ripostent et dénoncent un possible deal Kinshasa-Kigali pour la balkanisation de la RDC
Monseigneur Donatien Nshole, secrétaire général de la CENCO

Pour Monseigneur Donatien Nshole, ces accusations ne sont qu'une manœuvre de diversion de la part des acteurs politiques de la majorité présidentielle, qui devraient pourtant, selon lui, se consacrer à la défense des intérêts de la population.

‎"Je commencerai d'abord par dire le sentiment de pitié qui m'a habité en lisant cette déclaration, de ceux qui sont censés s'occuper de la population, en ce jour où on vient de certifier plus de mille cas de morts d'Ebola et en ce temps où la situation sécuritaire est ce qu'elle est. Donc pour eux ce n'est pas leur problème", a-t-il déclaré.

‎Le secrétaire général de la CENCO a tenu à rassurer que tous les évêques présents à l'assemblée plénière extraordinaire ont exprimé leur opposition unanime à toute réforme constitutionnelle en cette période où une partie du territoire national est occupée par les forces ennemies.

‎"Je vous rassure que tous les évêques qui étaient là étaient unanimes. Accuser la CENCO de subversion, pour moi c'est une diversion. Ce sont les mêmes personnes qui ont applaudi la même attitude, les mêmes mots, les mêmes phrases, quand il était question du président Kabila. C'est plutôt leur inconstance, là où la CENCO est restée constante", a-t-il souligné.

‎Par ailleurs, il a réaffirmé la détermination des évêques catholiques de continuer d'œuvrer pour la réunification du pays, en dépit des attaques dont ils font l'objet. 

‎"Le pays va très mal. Le pays est en danger. Mettons-nous debout. Chacun doit faire ce qu'il peut pour réunifier le pays, pour ramener la paix. C'est la préoccupation majeure de la CENCO. Personne ne peut décourager les pasteurs à prendre leur bâton pastoral pour faire leur travail", a-t-il assuré.

‎Sur un registre plus politique, Monseigneur Donatien Nshole s'est également interrogé sur l'existence éventuelle d'un accord tacite entre Kinshasa et Kigali, qui viserait à balkaniser le pays.

‎"La balkanisation, c'est reconnaître que quand on parle du peuple congolais qui ira au référendum sans compter le peuple du Nord et du Sud-Kivu, ça signifie qu'ils ne sont plus au Congo. Donc ce sont eux qui seraient en connivence avec Kagame", a-t-il rétorqué.

‎Pour rappel, à l'issue d'une assemblée plénière extraordinaire de trois jours, tenue à Kinshasa, les évêques catholiques ont exprimé leur opposition au changement de la Constitution de la République démocratique du Congo. Ils estiment qu'une telle démarche du pouvoir en place risquerait d'accélérer la balkanisation du pays.

Derick Katola