Massacres de Yumbi : un ancien député national acquitté, deux hommes condamnés à mort par la Haute Cour militaire huit ans après
Huit ans après les faits, la Haute Cour militaire s'est définitivement prononcée le 1er juin 2026 dans l'affaire des massacres perpétrés dans le territoire de Yumbi, dans la province du Maï-ndombe, le 16 décembre 2018, lors d'affrontements intercommunautaires entre les communautés Tende et Nunu.
Dans son arrêt définitif rendu lors d'une audience à la prison militaire de Ndolo, la Haute juridiction militaire a condamné deux prévenus à la peine de mort, trente-deux autres à vingt ans de servitude pénale, deux à douze ans de servitude pénale tandis que quatre autres prévenus ont écopé de huit ans de prison.
En revanche, trente-cinq accusés ont été acquittés, dont l'ancien député national Sébastien Rodolphe Mbanga Manzimi. La Haute Cour a estimé que l'infraction d'association de malfaiteurs, reprochée par le ministère public, n'était pas établie à leur encontre.
Par ailleurs, la Haute juridiction militaire a sommé tous les condamnés de verser 20 000 dollars américains aux victimes ayant perdu un proche, 5 000 dollars américains à celles ayant perdu leur habitation, et 2 000 dollars américains pour les préjudices liés à la perte de biens mobiliers et aux sévices corporels.
Selon l'ONU le massacre de Yumbi a fait 535 morts. Ces violences d'une extrême cruauté, qui ont opposé deux communautés locales, constituent des crimes potentiels contre l'humanité.
Les tensions étaient liées à la gouvernance locale et à l'accès aux terres entre les Batende (majoritairement agriculteurs) et les Banunu (majoritairement pêcheurs). Le conflit avait éclaté à la suite du rapatriement et à l'inhumation secrète d'un chef coutumier Banunu sur des terres revendiquées par les Batende.





