Changement de la Constitution : pour Déo Bizibu, la position de la CENCO est "programmée " et " complémentaire " à celle de l'opposition politique
La prise de position des évêques catholiques contre le changement constitutionnel ne revêt aucun caractère prophétique, selon Déo Bizibu, secrétaire général adjoint de l’UDPS-Tshisekedi, chargé des questions politiques et administratives. Il y voit plutôt une action concertée avec les manœuvres de l’opposition congolaise.
Dans un entretien accordé à notre rédaction, Déo Bizibu a accusé les prélats membres de la CENCO de freiner le développement du pays depuis l’arrivée du président Félix Tshisekedi. Il a en conséquence appelé le peuple congolais à soutenir le changement de la Constitution, afin, selon lui, de défendre véritablement les intérêts de la nation.
Voici l'intégralité de l'entretien :
Question : Que vous inspire la prise de position ferme des évêques catholiques ? La qualifiez-vous de prophétique, de partisane, ou de légitime au regard de leur mission pastorale ?
Réponse : La sortie médiatique de la CENCO n'a rien de prophétique. Elle est plutôt politique. Pourquoi ils ne sont pas intervenus il y a trois mois, quatre mois, cinq mois ? Pourquoi ils n'ont pas attendus intervenir plus tard ? C'est pendant que l'opposition programme des manifestations que la CENCO intervient. C'est une action programmée, complémentaire aux actions de l'opposition. La CENCO n'a jamais été en phase avec le changement dans ce pays. Depuis l'avènement du président Félix Antoine Tshisekedi au pouvoir, la CENCO et les évêques se sont illustrés par le refus du changement. Lorsque le chef de l'État annonce la gratuité de l'enseignement primaire, vous aviez suivi comment la CENCO était montée au créneau. Félix-Antoine Tshisekedi s'appelle "le changement" et donc le changement va continuer, n'en déplaise à ceux qui n'en veulent pas notamment la CENCO.
Question : Les évêques catholiques estiment que la priorité nationale devrait être la paix et la cohésion sociale, particulièrement à l’Est. La question constitutionnelle ne risque-t-elle pas de détourner l’attention des urgences humanitaires et sécuritaires ?
Réponse : La priorité effectivement c'est mettre fin à la guerre. Eux voudraient qu'on mette fin à la guerre par la capitulation. Ça veut dire que laisser Paul Kagame s'emparer du Congo. Laisser comme à l'époque de l'ancien régime où on disait qu'il y avait la pas alors que c'est en ce moment là nous étions occupés par le Rwanda. Non ! Le président Félix-Antoine Tshisekedi met fin à la guerre par les armes, en mettant l'envahisseur hors du territoire par les armes ou par la diplomatie. Donc, le temps où il y avait des valets du régime de monsieur Kagame ici au Congo où on disait qu'il y avait la paix, ce temps-là est révolu. Je suis très heureux qu'ils reconnaissent que, malgré la guerre, il y a des avancées positives. Je dis aux évêques : "on ne capitule pas avec le président Félix-Antoine Tshisekedi".
Pour nous, il est question de sauver le pays et son peuple de l'invasion répétée depuis trente ans. Le changement de la Constitution est prévu par la Constitution elle-même qui stipule en son article 5 que la souveraineté appartient au peuple qui l'exerce directement ou par ses représentants. Qu'on laisse le peuple congolais assumer sa souveraineté.
Question : N’y a-t-il pas un contresens à vouloir modifier la Loi fondamentale dans un climat de vulnérabilité nationale ?
Réponse : Nous ne sommes pas dans la période de vulnérabilité. La vulnérabilité c'est lorsqu'à la tête de ce pays nous avions des valets des Rwandais. Lorsqu'on avait un président qui a amené le mixage, le brassage. C'est en ce moment-là là que le pays était vulnérable. Maintenant nous avons un chef de l'État qui défend le pays pour mettre fin à la guerre. Aujourd'hui nous sommes à huit milliards de dollars américains du budget alloué à la défense.
Question : Le tandem CENCO-ECC prône un dialogue politique. Au lieu de passer en force, ne serait-il pas plus sage pour le pouvoir d’organiser une concertation inclusive avant toute modification de la Constitution, comme le recommandent les évêques ?
Réponse : Ce schéma là est connu. Un schéma qui a reçu la bénédiction du Rwanda, un schéma qui a reçu la bénédiction des agresseurs, est-ce qu'on peut lui donner vraiment un crédit en faveur du peuple ? Absolument pas. Le président Félix-Antoine Tshisekedi ne s'est jamais opposé au dialogue. Vous n'avez qu'à constater. Nous avons ceux-là qui étaient des opposants hier qui sont au gouvernement aujourd'hui. C'est un homme d'ouverture. Par contre, ce que nous refusons derrière le président Félix-Antoine Tshisekedi, c'est de brader les intérêts du pays.
Question : Pour terminer, des actes d’intimidation ont été signalés contre des archevêchés (Kinshasa, Kananga) impliquant des éléments de la « Force du progrès ». Quelle responsabilité incombe au parti au pouvoir (UDPS-Tshisekedi) et aux autorités pour garantir la protection des institutions ecclésiales ?
Réponse : Qui dit que ce sont les Forces du progrès ? Vous savez, ce qui caractérise le régime du président Félix-Antoine Tshisekedi, c'est un régime démocratique où il laisse chaque institution jouer sa partition. La justice doit faire son travail. Nous à l'UDPS, nous avons toujours dit que tous les Congolais doivent être égaux devant la loi. S'il y a un congolais qui a mal agit, eh ben, les instances sont habilitées à s'en occuper.
Le message à la population c'est de dire que la roue de l'histoire tourne. L'histoire retiendra que c'est avec Félix-Antoine Tshisekedi Tshilombo que beaucoup de choses ont été faites dans ce pays. J'appelle le peuple congolais à être optimiste. Il y a eu beaucoup d'opposition par rapport au changement dans ce pays, et Félix-Antoine Tshisekedi, le changement est en cours. Nous voulons que le pays soit libéré de l'emprise des belligérants téléguidés par le Rwanda. Cette Constitution doit être changée pour avoir une autre typiquement congolaise qui défend les intérêts du Congo.
Entretien réalisé par Derick Katola





