RDC : Tshilumbayi assume la promesse de l'UDPS-Tshisekedi de changer la Constitution et conditionne les élections de 2028 à une "paix véritable"

Le premier vice-président de l'Assemblée nationale de la République démocratique du Congo, le professeur Isaac Jean-Claude Tshilumbayi, a exprimé, sans langue de bois, la détermination du régime en place à changer la Constitution de février 2006. Répondant aux questions de Radio France Internationale (RFI), ce haut cadre du parti présidentiel a affirmé que le changement de la Loi fondamentale constitue une promesse de l'UDPS-Tshisekedi depuis bien longtemps.

RDC : Tshilumbayi assume la promesse de l'UDPS-Tshisekedi de changer la Constitution et conditionne les élections de 2028 à une "paix véritable"
Isaac Jean-Claude Tshilumbayi, premier vice-président de l'Assemblée nationale

Pour le professeur Isaac Jean-Claude Tshilumbayi, la démarche de son parti ne représente pas une surprise. Il a cependant invité les institutions du pays à recourir aux mécanismes constitutionnels établis pour parvenir à cette fin.

‎" Ce n’est donc pas une surprise qu’un membre de l’UDPS émette aujourd’hui le vœu que la Constitution soit changée. C’est ce que nous avions promis, comme parti, lorsque nous étions en quête du pouvoir. Et donc, deuxièmement, lorsque l’UDPS devra le faire, ce n’est pas le parti politique qui modifiera la Constitution. Nous demanderons que les institutions légitimes du pays procèdent par les mécanismes constitutionnels établis et recourent au vote ou à la volonté de notre peuple pour le faire ", a-t-il déclaré.

‎Abordant la question des oppositions enregistrées par cette démarche, le premier vice-président de l'Assemblée nationale a remis en cause le poids politique des acteurs de l'opposition, estimant par ailleurs que ce projet a toujours été réclamé par certains d'entre eux.

‎" Je ne vois pas comment toute l'opposition se liguerait contre un tel projet alors qu'une grande partie de l'opposition a réclamé le changement de la constitution avant même que nous nous le disions. Quel poids lourd de l’opposition s’opposerait ? ", s'est-il interrogé.

‎Néanmoins, il a insisté sur la nécessité d'un large consensus en vue du changement de la Constitution. Celui-ci passerait, selon lui, par le Parlement ou par un référendum, et non par la convocation d'un dialogue qu'il juge inconstitutionnel.

‎« La CENCO n’a donc pas le pouvoir de déterminer comment se déroule le jeu institutionnel en RDC (...) Oui il faut un très large consensus qui doit éventuellement passer par la représentation nationale donc le parlement c'est ce qui est prévu dans notre constitution (...) soit alors par la consultation directe du peuple souverain. Ce n'est pas un large consensus national qui se fera avec les prêtres catholiques et les politiciens qui ont récolté huit cents et six cents voix aux dernières consultations", a précisé Isaac Jean-Claude Tshilumbayi.

‎Sur le chapitre électoral, le premier vice-président de la Chambre basse du Parlement a exclu la tenue des élections en 2028 en raison de la persistance de la crise sécuritaire dans l'Est du pays. Il a ainsi affirmé que les scrutins législatif et présidentiel ne pourront être organisés qu'une fois la guerre menée par le Rwanda terminée.

‎" Tant que la guerre n'est pas terminée, il est clairement notable que l'on ne peut pas aller à une élection dans les conditions d'une guerre qui a poussé sept millions de nos compatriotes en dehors du pays les obligeant ainsi à ne pas participer à l'expression libre de leur choix. Alors il est clairement établi que une élection apaisée, une élection confiante se tiendrait dans des conditions de paix. Et les conditions de paix pas seulement du silence des armes, mais aussi lorsque nous aurons recréé des conditions de rétablissement de nos compatriotes déplacés dans leur milieu de vie pour exprimer aussi leur euh suffrage. Ce n’est pas un glissement c’est un principe normal que l’on ne tienne pas les élections dans des conditions de guerre", a-t-il souligné.

‎Alors que le pays s'enlise dans la crise et que l'échéance électorale approche à grands pas, la majorité présidentielle et l'opposition s'entre-déchirent au sujet du respect de l'ordre constitutionnel. Si le pouvoir exige la fin de la guerre avant la tenue des élections, l'opposition quant à elle s'oppose à tout report des scrutins, promettant de sortir dans les rues du pays en cas de passage en force du pouvoir.