RDC : Jacquemain Shabani bloque l’homologation des résolutions du 4ᵉ congrès de l’AFDC, Modeste Bahati encore fragilisé

Le vice-premier ministre chargé de l’Intérieur, Décentralisation et Affaires coutumières, Jacquemain Shabani, a opposé un refus à l’entérinement des résolutions  du  4ᵉ congrès de l’Alliance des forces démocratiques du Congo (AFDC), tenu le 15 mars 2026 à Kinshasa. Une opposition déposée auprès de ses services bloque la procédure, plongeant la formation politique dans une nouvelle crise de leadership.

RDC : Jacquemain Shabani bloque l’homologation des résolutions du 4ᵉ congrès de l’AFDC, Modeste Bahati encore fragilisé
Modeste Bahati lors du Congrès de son parti AFDC

La décision est contenue dans une correspondance datée du 13 avril, adressée au Secrétaire général de ce parti, membre de l’Union sacrée, en réponse à la transmission des résolutions effectuée le 25 mars 2026.

Dans ce document, le ministre de l’Intérieur a justifié son refus par une opposition formelle déposée auprès de ses services contre la validation du congrès, sans en donner plus de précisions

« Je tiens à vous informer que notre ministère a reçu une opposition à la validation dudit congrès, et ne pourra donner suite à votre requête jusqu'à l'examen approfondi du dossier par le Secrétariat général des Relations avec les partis politiques auprès duquel je vous invite à vous présenter pour une séance de travail », peut-on lire dans le document. 

Modeste Bahati reconduit, mais contesté

A l’issue de ce Congrès, Modeste Bahati Lukwebo avait été réélu à l’unanimité président national de l’AFDC pour un nouveau mandat de cinq ans, réaffirmant son soutien à l’Union Sacrée et au président Félix Tshisekedi.

Cette assemblée du 15 mars s’était pourtant tenue alors que Modeste Bahati était au cœur d’une polémique. Quelques jours plutôt,il s’était publiquement opposé à toute révision ou changement de la Constitution, estimant que la RDC souffrait « d’un problème d’hommes, non de textes ». Ces propos lui avaient valu une pétition réclamant sa destitution de la deuxième vice-présidence du bureau du Sénat. 

Malgré des excuses présentées à ses collègues de la Chambre haute, évoquant une décontextualisation de ses propos, Modeste Bahati a finalement démissionné le 18 mars, à la veille du vote de la pétition dirigée contre lui.

Une destitution contestée

Alors que la tempête semblait s’apaiser, le chef de file de l’AFDC a subi un nouveau revers. Le 25 mars, un groupe se présentant comme membres du Collège de fondateurs du parti l’a destitué de la présidence de l’AFDC, confiant l’intérim à Otto Bahizi en attendant l’organisation d’un nouveau congrès. Cette décision a été immédiatement rejetée par les partisans restés fidèles à Modeste Bahati, creusant un peu plus crise au sein du parti.