FGSC 2026 : la ministre Marie-Thérèse Sombo appelle à faire du génie scientifique congolais le levier de la souveraineté technologique nationale

C’est sous le signe de l’ambition et du passage à l’échelle que s’est ouverte officiellement, ce mardi 11 août à l’Institut national des arts (INA), la quatrième édition du Forum du génie scientifique congolais (FGSC). La cérémonie de lancement a été présidée par la Première ministre, Judith Suminwa, en présence de la ministre de l'Enseignement supérieur, universitaire, Recherche scientifique et Innovations (ESURSI), le professeur Marie-Thérèse Sombo.

FGSC 2026 : la ministre Marie-Thérèse Sombo appelle à faire du génie scientifique congolais le levier de la souveraineté technologique nationale

Dans son discours, la Première ministre a rappelé l’engagement pris, sur instruction du président Félix Tshisekedi, de porter le financement de la recherche scientifique à plus de 3 % du budget national. Selon elle, cette orientation devra désormais se traduire concrètement dans les allocations budgétaires et les décaissements.

De son côté, la ministre de l'ESURSI a fixé le cap : faire de ce forum le point d’entrée d’une chaîne de valeur nationale. Elle a pour ce faire appelé à structurer un écosystème complet allant de la détection des idées à leur commercialisation, en passant par la protection et l’industrialisation.

‎"Nous devons passer du prototype au brevet, du brevet à l'entreprise, et de l'entreprise à l'emploi, à la production nationale et à la souveraineté technologique", a martelé Marie-Thérèse Sombo.

‎De la vitrine au moteur de croissance

‎Pour concrétiser cette ambition, le ministère de l'ESURSI compte consolider les dispositifs existants tels que l’Incubateur du Génie scientifique et les Centres d'appui à la technologie et à l'innovation. 

‎L’objectif est de mesurer les résultats en termes de brevets déposés, de partenariats université-industrie conclus et d’emplois créés. Le discours a insisté sur la nécessité de protéger la propriété intellectuelle, rappelant que l’invention ne crée pleinement de valeur que si elle est sécurisée et transférée.

‎La ministre a également dressé un panorama des défis et opportunités pour lesquels le génie congolais doit apporter des solutions : transformation locale des ressources, transition énergétique, agriculture intelligente, souveraineté numérique, industries culturelles et créatives, ou encore santé publique. 

‎"Nous voulons une science utile, intègre, éthique et inclusive", a-t-elle souligné, mettant en garde contre une innovation qui ne respecterait ni la dignité humaine ni l’environnement.

‎Un appel à l’action pour un écosystème durable

‎S’adressant directement aux chercheurs, inventeurs et innovateurs présents, la professeur Marie-Thérèse Sombo les a félicités pour leur ingéniosité, tout en les exhortant à passer à documenter les résultats, protéger les inventions, constituer des équipes pluridisciplinaires et intégrer les exigences du marché. L’excellence scientifique, a-t-elle rappelé, consiste à mener une idée jusqu’à son impact concret.

‎Elle a également appelé les partenaires techniques, financiers et au secteur privé à investir dans le génie scientifique congolais.

‎"Nos innovateurs ont besoin de financement patient, de laboratoires, de mentorat, de protection juridique, de certification et de marchés. Je vous invite à accompagner non des activités ponctuelles, mais la construction d’un écosystème durable. Investir dans le génie scientifique congolais, c’est investir dans une jeunesse créative, un immense marché africain et des solutions capables de dépasser nos frontières", a-t-elle plaidé.

‎Pendant trois semaines, du 11 au 31 août, plus de 305 prototypes et innovations sont exposés dans les différents stands installés sur le site de l'INA. Parmi eux figurent des solutions stratégiques dans les domaines de la santé, de l'agriculture, de l'énergie, des technologies numériques, l'industrie et du développement. 

Derick Katola