Pieds cloués, corps enchaînés sur ordre d'une "prophétesse" : le supplice des présumés sorciers à Bopombo, au Maï-ndombe
Accusés de sorcellerie, plusieurs habitants du village Bopombo, situé dans le territoire de Kiri, province du Maï-Ndombe, subissent des traitements d'une rare violence. Ils sont enchaînés à des troncs d'arbres, immobilisés au sol, les pieds cloués à l'aide d'un marteau, sous un soleil de plomb.
Ce calvaire, infligé à de présumés sorciers, est devenu viral grâce à une vidéo largement partagée sur les réseaux sociaux, en particulier au sein de la communauté des ressortissants du Maï-ndombe.
À l'origine de ces exactions : une femme se présentant comme une "prophétesse". Selon des témoignages recueillis sur place, celle-ci ordonne à ses "disciples" d'aller interpeller les personnes accusées de sorcellerie, afin de les contraindre à lui remettre leurs supposés objets satanistes. En cas de refus, les suspects sont soumis à des sévices corporels, sous une chaleur accablante, sans aucune forme de procès.
Pire encore, cette violence semble recueillir l'assentiment d'une partie de la population locale, qui n'hésite pas à hier et à insulter les victimes en pleurs, tandis que celles-ci implorent en vain la pitié de leurs bourreaux.
La communauté du Maï-ndombe dénonce fermement ces traitements inhumains. Selon certaines sources, cette situation durerait depuis plus d'un mois sans intervention significative des autorités.
Interpelé, l'administrateur du territoire Kiri, Boni Izombo, a confirmé les faits et affirmé avoir dépêché des agents pour interpeller la prophétesse ainsi que ses complices.
Derick Katola





