État-major de la souveraineté nationale : Me Djagast Djamba veut sortir la RDC de la passivité historique
Ce n’est ni un parti, ni un simple regroupement politique. C’est un "logiciel" nouveau. Dans un paysage congolais saturé par les promesses et les plateformes électorales, Me Djagast Djamba a annoncé le mercredi 26 août une rupture profonde. Avec l’avènement de l’"État-Major de la Souveraineté Nationale", le débat politique quitte le terrain des ambitions personnelles pour entrer dans celui de la doctrine et de la mémoire collective.
La nouvelle dynamique proposée par Me Djagast Djamba se veut transcendante : dépasser les clivages tribaux et les intérêts particuliers pour placer une boussole unique au-dessus de la mêlée : l’intérêt supérieur de la République.
Pour le fondateur de ce mouvement, le temps n’est plus à la simple participation à l’histoire, mais à sa réécriture. Il appelle à un "changement de logiciel politique", une métaphore forte qui suggère que les solutions apportées jusqu’ici sont obsolètes face aux défis structurels du pays.
Au cœur de ce projet se dresse une structure inédite : l’État-Major de la Souveraineté Nationale. Loin d’être une chapelle politicienne fermée, cet organe se veut un creuset ouvert à l’intelligence collective. Y siégeront non seulement des acteurs politiques, mais aussi des agronomes, des ingénieurs, des universitaires, des sportifs, des entrepreneurs, des forces vives de la jeunesse et les experts de la diaspora.
L’ambition est claire : gouverner demain avec des cadres formés aujourd’hui.
"Nous voulons arriver au pouvoir avec une doctrine, des cadres et un plan, pas simplement avec des slogans", insiste Me Djagast Djamba. L’enjeu est de transformer la souveraineté en doctrine d’État, en méthode et en culture.
Mais l’originalité de cette rupture réside dans son ancrage mémoriel. Selon son initiateur, l’État-Major ne se construit pas dans l’amnésie. Il porte en lui les blessures de l’histoire congolaise.
Le projet intègre explicitement les voix souvent réduites au silence : les victimes des violences sexuelles à l’Est, les victimes des guerres, les victimes de la guerre des six jours à Kisangani et les victimes des violences de Kamwina Nsapu.
Me Djagast Djamba dénonce avec virulence la prise en otage des fonds destinés à leur indemnisation par "un système nuisible". Pour lui, "une Nation qui oublie ses victimes prépare la répétition de ses tragédies". Il s’agit ici de transformer les blessures en conscience nationale, et cette conscience en puissance politique.
La souveraineté comme bataille totale
M. Djamba soulign que la souveraineté ne se limitera pas à un slogan. Elle est une bataille systémique qui touche à tous les piliers de la nation : Agriculture, Industrie, Mines, Monnaie, Défense, Diplomatie, Justice, Énergie, Numérique, Éducation, Santé. Aucun secteur ne doit rester en dehors de ce sursaut national.
Selon la vision portée par ce mouvement, le Congo ne manque ni de richesses, ni d’intelligence, ni de potentiel. Il lui manque une "volonté organisée de puissance". L’État-Major de la Souveraineté Nationale se veut le laboratoire de cette prise de conscience collective, pour quitter la posture de victime de l’histoire pour celle d’acteur souverain.
Me Djagast Djamba invite les Congolais à ne plus subir les décisions internationales ou de pleurer les richesses pillées. Il les exhorte à réécrire le logiciel politique, de rassembler les compétences et de préparer une génération qui assume son histoire et refuse la fatalité. Son appel est un appel à la maturité politique.
Le Congo, dit-il, ne doit plus demander au monde ce qu’il doit devenir ; il doit le décider lui-même.





