Désavoué par les siens : Fils Mukoko révoqué de ses fonctions de DGA de la RASKIN par Daniel Bumba suite à ses propos polémiques
Sorti du néant et nommé directeur général adjoint de la Régie d'assainissement de Kinshasa (RASKIN), Fils Mukoko n'avait pas abandonné ses attitudes de la "rue", au regard de ses nombreuses prises de position sur l'insalubrité à Kinshasa mais également sur l'actualité politique du pays. Sa dernière sortie médiatique, dans laquelle il promet l'"enfer" aux Occidentaux présents à Kinshasa, n'est que la goutte d'eau qui a fait déborder le vase.
Fils Mukoko ne pensait pas que son "militantisme" et son désir ardent de défendre "leur pouvoir", chèrement acquis, parfois même au prix du sang, pouvaient mettre un frein à son aventure au sein d'un établissement public provincial.
En effet, le gouverneur de la ville de Kinshasa, Daniel Bumba, l'a révoqué de ses fonctions de Directeur général adjoint de la RASKIN.
Dans son arrêté provincial, le gouverneur s'appuie sur le Code de conduite de l'agent public de l'État. Il rappelle que l'exercice d'une fonction publique impose des obligations de "dignité, de discrétion, de responsabilité et de respect des institutions".
Le texte souligne aussi que les communications publiques d'un agent peuvent influencer la confiance des citoyens envers l'administration.
Bien avant, le ministre provincial de l'Environnement, de la Propreté publique, de l'Embellissement de la ville et de l'Aménagement de Kinshasa, Léon Mulumba, l'avait suspendu. Ce dernier reprochait au responsable des propos diffusés sur les réseaux sociaux, qualifiés d'"extrêmes et à la limite xénophobes".
Il invoque l'article 19 du Code de bonne conduite de l'agent public de l'État, qui interdit notamment les menaces, injures et intimidations. Selon le document, la mesure vise à garantir "la sérénité de l'enquête" ordonnée le même jour par le ministre d'État à la Justice dans son communiqué n°0037. Le ministre évoque un "manquement grave aux obligations professionnelles".
Cette mesure fait suite à la vidéo polémique dans laquelle Fils Mukoko s'en était pris aux ressortissants des pays occidentaux présents à Kinshasa, les accusant de diaboliser le pouvoir en place. Il leur promettait un "enfer" sans issue de secours dans la capitale.
Ces propos ont été aussitôt condamnés par le gouvernement de la République démocratique du Congo, dans les termes les plus fermes. Dans un message publié sur son compte X (anciennement Twitter), le porte-parole du gouvernement, Patrick Muyaya, a qualifié cette sortie d'"horreur absolue", tout en précisant qu'elle "n'engage nullement le gouvernement ni aucune autre institution".
L'exécutif avait également saisi l'Hôtel de ville de Kinshasa, dont dépend Fils Mukoko, pour "tirer les conséquences de ces propos irresponsables".
Bien avant, le Bureau du Conseil supérieur de l'audiovisuel et de la communication (CSAC) avait imposé un embargo médiatique de quatre-vingts jours à l'encontre de Fils Mukoko, lui reprochant d'avoir tenu des propos qui "constituent une violation manifeste des lois en vigueur et s'écartent des valeurs fondamentales" défendues par la République démocratique du Congo.




