RDC : le CSAC interdit Fils Mukoko de médias pour 80 jours après ses menaces contre les Occidentaux à Kinshasa
Le Bureau du Conseil supérieur de l’audiovisuel et de la communication (CSAC), a imposé un embargo médiatique de quatre-vingts huit jours au Directeur général adjoint de la Régie d’assainissement de Kinshasa (RASKIN), Fils Mukoko. La décision a été prise à l'issue d'une réunion d'urgence tenue ce mercredi 21 octobre.
Le CSAC reproche à Fils Mukoko d'avoir tenu des propos qui "constituent une violation manifeste des lois en vigueur et s’écartent des valeurs fondamentales" défendues par la République démocratique du Congo.
Le régulateur des médias a par ailleurs invité ce haut cadre de l'UDPS-Tshisekedi à se présenter urgemment dans ses bureaux pour y être auditionné.
Pour rappel, dans une vidéo devenue virale ce mercredi, Fils Mukoko, directeur général adjoint de la Régie d’assainissement de Kinshasa, a promis l'enfer aux ressortissants des pays occidentaux présents à Kinshasa.
"Nous allons distribuer des armes, même sur les terrains de football. Nous allons distribuer des armes, même dans les églises. Nous allons distribuer des armes, même dans les universités. Les Occidentaux qui sont ici auront du mal à sortir de Kinshasa", a-t-il déclaré.
Dans la même veine, Fils Mukoko a annoncé un sit-in dans les jours à venir devant l'ambassade de Belgique à Kinshasa.
"C’est pourquoi, incessamment, moi, le papa de la jeunesse, je lance déjà un appel : oyo ba bengi méga sit-in liboso ya ambassade ya Belgique".
Cette escalade verbale intervient dans un contexte de crise entre le pouvoir en place et la Belgique, à la suite des perquisitions menées la semaine dernière dans des résidences liées au président Félix Tshisekedi en Belgique par le parquet fédéral belge. Ces actions s'inscrivaient dans le cadre d'une instruction pour blanchiment, ouverte à la suite de plaintes déposées en juillet 2025 par des organisations non gouvernementales du Katanga et d'anciens directeurs de la Générale des carrières et des mines (Gécamines).
Ce dossier vise neuf proches du chef de l'État congolais, à savoir la belle-sœur, les fils, les frères et les neveux du président, ainsi que la Première dame. Ceux-ci sont soupçonnés d'être impliqués dans des contrats de sous-traitance sur les résidus miniers du Lualaba et du Haut-Katanga.




