USA : un transfert de 17,6 millions de dollars depuis la RDC au cœur d'un conflit entre proches de Trump (New-York Times)
La Maison-Blanche a ouvert une enquête sur un différend opposant deux figures de premier plan du camp Trump, Richard Grenell et Alina Habba Mildon, autour d'un virement bancaire de 17,6 millions de dollars effectué depuis la République démocratique du Congo vers une entreprise de défense texane, selon le média américain New-York Times, citant des sources proches du dossier.
Dans un article publié le samedi 17 octobre, New-York Times indique que l'affaire a éclaté la semaine dernière lorsque Alina Habba Mildon, ancienne avocate personnelle du président Donald Trump, a fait irruption dans le Bureau ovale pour accuser Richard Grenell d'avoir détourné des millions de dollars lors d'une transaction commerciale conclue en 2025.
Selon des informations recueillies par le média, cette opération aurait été organisée par l'investisseur turc, Turhan Mildon, devenu époux d'Alina Habba Mildon. Selon cette dernière, une partie des fonds devait être réservée à un don au Centre John F. Kennedy pour les arts du spectacle — que M. Grenell dirigeait alors — mais l'institution n'a jamais reçu cet argent.
Interrogé par le New York Times, M. Grenell a catégoriquement démenti ces accusations, les qualifiant d'"absurdes". Ni M. Grenell et Mme Mildon ni la Maison-Blanche n'ont répondu aux sollicitations du quotidien américain.
Un expéditeur d'abord masqué
Mme Mildon avait initialement affirmé aux responsables de la Maison-Blanche que les fonds provenaient de son mari. Cependant, les premiers documents transmis par l'avocat de ce dernier occultaient le nom de l'expéditeur. Les enquêteurs ont ensuite découvert que le virement avait été émis depuis un compte bancaire affilié au gouvernement congolais.
M. Mildon a déjà reconnu, par la voix d'un porte-parole, être conseiller du président congolais Félix Tshisekedi et détenir un passeport diplomatique de la RDC. Installé dans le pays depuis 2021, cet entrepreneur arrivé dans la vingtaine a bâti un réseau solide au sein des élites congolaises. Sa société Milvest a décroché plusieurs grands chantiers publics, dont le Centre financier de Kinshasa, et il affirme posséder des mines dans le pays. Il détient par ailleurs d'importants intérêts au Venezuela — un pays pour lequel M. Grenell officiait précisément comme envoyé spécial de Trump au moment du virement.
TX-AT au centre des questions
Les fonds ont été versés à TX-AT, une entreprise texane de sécurité et de défense. M. Grenell, ancien ambassadeur en Allemagne et directeur par intérim du renseignement national sous le premier mandat de Trump, a reconnu avoir conseillé cette société en 2024, tout en niant tout lien avec elle — et avec le virement — au moment des faits.
Le New York Times indique avoir consulté un texto daté de juin 2025, attribué à M. Grenell, qui semble évoquer un paiement lié à un "système logiciel". M. Grenell en conteste l'authenticité. L'objet de la transaction commerciale demeure flou, et TX-AT n'a pas répondu aux demandes de commentaires.
Un contexte de turbulences à la Maison-Blanche
Cette affaire intervient dans une période de crise interne pour l'administration Trump, marquée par la démission spectaculaire de sa nouvelle porte-parole et le départ de responsables proches du président.
Mme Mildon et M. Grenell étaient autrefois proches, avant que leurs relations ne se dégradent ces derniers mois autour des affaires de M. Mildon. Leur brouille s'est étalée au grand jour après que le Times s'est intéressé aux activités commerciales de M. Mildon et à ses contributions au Kennedy Center — des questions qui ont poussé Mme Mildon à se tourner directement vers le président vendredi dernier.
Toutefois, le média américain précise que le ministère congolais des Affaires étrangères n'a pas répondu aux demandes de commentaires.




