"Kabila veut renverser l’ordre constitutionnel", accuse le gouvernement congolais après la création du FRN
Le gouvernement de la République démocratique du Congo, par le biais de son porte-parole, Patrick Muyaya, a accusé l'ancien président Joseph Kabila d'avoir choisi de tuer les congolais dans l'objectif de renverser l’ordre constitutionnel et de revenir au pouvoir. Il s'est exprimé ainsi dimanche 18 octobre en réaction à la désignation de l'ex-chef de l'État à la tête du mouvement politico-militaire Front pour la Refondation de la Nation (FRN).
Selon le ministre Muyaya, en officialisant son "attaque généralisée", Joseph Kabila a décidé de rompre le pacte républicain qui impose au peuple le pouvoir de se choisir ses dirigeants et de vouloir vivre en paix.
Par ailleurs, le porte-parole de l'exécutif national a affirmé que le retour au maquis de l'ancien président vise également à interrompre l'élan de développement pris par la RDC sous la présidence de Félix Tshisekedi, mais aussi à dédouaner le président rwandais, Paul Kagame, de sa responsabilité dans la crise sécuritaire qui sévit dans l'Est du pays.
"Il n'y aucun Congolais qui peut peut approuver le recours aux armes comme mode d'accession au pouvoir. Le peuple a le droit de voter et le peuple continuera en tout cas d'exécuter ce que notre Constitution prévoit à ce titre-là", a-t-il déclaré.
Abordant la question de l'issue des négociations de Doha, sous l'égide du Qatar, le ministre Muyaya a estimé que le changement d'appellation de la rébellion n'impacte pas négativement la suite de ces pourparlers.
"On lance un mouvement pour tenter de se donner un nouveau visage mais en réalité, les intentions, les projets macabres, les modus operandi sont bien connus. Les acteurs restent les mêmes, la nature du mouvement aussi, un groupe armé supplétif du Rwanda", a-t-il déclaré.
Il a, à cet effet, réitéré la volonté du gouvernement congolais de respecter ses différents engagements pris, conformément à la résolution 2773 de l'ONU.
"Nous restons fermes dans nos engagements pour régler le volet sécuritaire de la crise tant dans le cadre de Washington avec le père qu’à celui de Doha avec le fils. Quelle que soit sa dénomination, ce groupe armé relooké est appelé à disparaître au terme du processus de Doha", a martelé Patrick Muyaya.
Sur le dialogue national à venir, Patrick Muyaya a appelé les opposants membres de la Coalition article 64 à clarifier leur position face à leur exigence de la participation de Joseph Kabila à ces assises, alors qu'il est désormais à la tête d'une rébellion.
"C'est l'occasion, en parlant du dialogue, d'interpeller les tenants du camp qui réclamaient la participation du président honoraire à ce dialogue. En prenant la tête de ce mouvement supplétif, il a lui-même justifié sa condamnation à mort et les sanctions américaines. Tous ceux qui plaidaient pour sa participation au dialogue doivent maintenant se prononcer et dire s'ils font le choix de la République, car prendre les armes, c'est s'attaquer à la République et à l'ordre constitutionnel", a-t-il lancé.




