Ebola en RDC : l'ACAJ saisit l'IGF pour un audit « crédible » sur l'utilisation des fonds alloués à la riposte

L'Association congolaise pour l'accès à la Justice (ACAJ) a officiellement saisi l'Inspection Générale des Finances (IGF) en vue d'une enquête qu'elle souhaite « crédible » sur l'utilisation des fonds alloués à la riposte contre la maladie à virus Ebola en République démocratique du Congo.

Ebola en RDC : l'ACAJ saisit l'IGF pour un audit « crédible » sur l'utilisation des fonds alloués à la riposte
Des personnels de la riposte transportant une dépouille d'un malade décédé d'Ebola

Dans un communiqué daté du 17 octobre, cette ONG dit avoir recueilli des informations faisant état d'une utilisation opaque des fonds octroyés par les bailleurs aux partenaires de mise en œuvre, ainsi que de ceux versés au gouvernement congolais à travers le ministère de la Santé publique.

‎Elle exige un audit sur l'utilisation des fonds mis à la disposition du ministère de la Santé publique en faveur de la riposte contre l'épidémie à virus Ebola dans le pays.

‎« L'ACAJ demande à l'Inspection Générale des Finances de diligenter un audit sur la somme de 50 millions de dollars mise à la disposition du ministère et de transmettre ses conclusions à l'autorité judiciaire compétente », peut-on lire dans le communiqué.

‎Pour éviter tout amalgame, l'ONG souhaite que cette enquête permette de distinguer la contribution de l'État congolais de celle des bailleurs de fonds, gérée directement par les partenaires de mise en œuvre.

‎Cette demande d'enquête intervient dans un contexte de polémiques autour d'un prétendu détournement des fonds octroyés aux partenaires de mise en œuvre, pourtant destinés à la riposte contre Ebola.

‎Ces polémiques ont été suscitées par les déclarations du directeur général d'Africa CDC, le docteur Jean Kaseya, qui, lors d'une conférence de presse à Kinshasa, avait affirmé que sur plus de 900 millions de dollars mobilisés par les partenaires internationaux pour la riposte contre Ebola en RDC, seuls 200 millions seraient retraçables.

‎À la suite de cette polémique, le directeur général d'Africa CDC a tenu à préciser que « les 700 millions que nous recherchons ne sont pas chez le gouvernement, mais chez les partenaires ».

C.K