43 mois d'impayés et pourtant fidèles au régime : le calvaire silencieux des bourgmestres congolais
Avec 43 mois d'arriérés de salaire, les bourgmestres et bourgmestres adjoints de la République démocratique du Congo (RDC) continuent de déchanter, malgré leur récent soutien affiché au projet de changement constitutionnel. Dans une déclaration faite le week-end, ils ont dénoncé le non-paiement de leurs salaires et primes depuis 43 mois et 28 jours.
Une situation intenable pour ces autorités locales, qui déplorent également l’absence d’avantages liés à leurs fonctions, l’irrégularité des rétrocessions aux Entités territoriales décentralisées (ETD), le non-versement de la quotité de 40 % des recettes des taxes d’intérêts communs. À cela s'ajoute le manque criant d’investissements dans les communes.
Par ailleurs, ils fustigent la gestion des conflits opposant certains bourgmestres aux conseillers communaux, tout en condamnant fermement ce qu’ils qualifient d’"usurpation des taxes communales".
Dépités par ce manque de considération, les bourgmestres et bourgmestres adjoints sollicitent désormais l’implication personnelle du président Félix Tshisekedi, afin d'être rétablis dans leurs droits et de voir améliorer le fonctionnement des communes.
Cette détresse sociale contraste avec leur position politique récente. Alors que la classe socio-politique congolaise reste divisée sur le projet de changement de la Constitution, le bourgmestres, notamment ceux des 24 communes de Kinshasa, s'étaient publiquement prononcés en faveur de cette initiative. Ils avaient même promis de mobiliser leurs administrés pour atteindre cet objectif, présenté comme vital pour l'avenir de la Nation.





