Tshisekedi et Kabila interpellés : la C64 rejette tout troisième mandat et tout recours aux armes pour conquérir le pouvoir

‎La coalition article 64 a condamné le recours aux armes pour conquérir le pouvoir en République démocratique du Congo et s'est opposée à toute tentative de changement de la Constitution visant à permettre au président sortant de demeurer au pouvoir au-delà de son mandat constitutionnel. Les leaders de l'opposition congolaise ont fait part de leur position à l'issue ce mardi 27 octobre de leur conclave à Rome (Italie).

Tshisekedi et Kabila interpellés : la C64 rejette tout troisième mandat et tout recours aux armes pour conquérir le pouvoir
De gauche à droite, Augustin Matata, Jean-Marc Kabund, Delly Sesanga, Moïse Katumbi et Martin Fayulu

Dans leur déclaration finale, Martin Fayulu, Delly Sesanga, Jean-Marc Kabund, Moïse Katumbi et Augustin Matata Ponyo, ont souligné que l'accès au pouvoir, son exercice et le maintien dans les fonctions devraient respecter la Constitution et les lois de la République.

‎"La C64 réaffirme son attachement à l'indépendance, à l'unité et à l'intégrité territoriale de la République démocratique du Congo. Sa ligne politique demeure constante. Elle rejette tout changement de Constitution, tout troisième mandat, tout report des élections prévues en 2028 ou maintient au pouvoir par contournement des échéances constitutionnelles, toute prise de pouvoir par des armes et toute balkanisation du pays", peut-on lire dans la déclaration.

‎Par ailleurs, la plateforme d'opposition exige la tenue d'un dialogue véritablement inclusif, estimant que la crise que traverse la RDC n'aura pas d'issue militaire. Cette position réitérée vise à permettre la cessation des hostilités, la réunification du pays et le renforcement de la cohésion nationale.

‎"À cet effet, la C64 en appelle à des discussions avec toutes les parties au conflit pour mettre fin à l'escalade militaire et à la crise humanitaire", ont souligné les leaders de l'opposition, tout en exigeant le respect strict de la résolution 2773 du Conseil de sécurité de l'ONU.

‎Sur cette lancée, la C64 appelle à la décrispation de la situation politique. Ceci passe, selon cette plateforme, par la cessation des arrestations qu'elle juge arbitraires, des intimidations, des entraves à l'activité politique pacifique, le retour des exilés, la cessation des procès politiquement motivés et la libération des détenus politiques. 

‎"La guerre ne saurait justifier la suppression générale des libertés d'expression, réunions et des manifestations", prévient-elle.

‎Enfin, la C64 se dit disposée à rencontrer le président Félix Tshisekedi et l’ancien président Joseph Kabila, afin dit-elle, de trouver une "issue congolaise" à la crise et convenir dans les meilleures conditions acceptables par tous d'un "vrai dialogue national inclusif pour la sauvegarde des intérêts nationaux et préserver l'essentiel".