Réforme constitutionnelle en RDC : Olivier Kamitatu met en garde Félix Tshisekedi et appelle à l'alternance

L'opposant Olivier Kamitatu, directeur de Cabinet de Moïse Katumbi, a interpellé, ce dimanche 16 août 2026, le président Félix Tshisekedi au sujet du projet de changement constitutionnel qu'il qualifie de "risque de plus pour l'unité nationale en République démocratique du Congo". Il s'est exprimé dans une vidéo largement partagée sur les réseaux sociaux.

Réforme constitutionnelle en RDC : Olivier Kamitatu met en garde Félix Tshisekedi et appelle à l'alternance
Olivier Kamitatu, directeur de cabinet de l'opposant Moïse Katumbi

‎L'ancien président de l'Assemblée nationale a décrié le manque de volonté politique du régime en place, malgré les appels répétés de l'opposition en faveur de la convocation d'un dialogue national inclusif, censé mettre fin à la crise qui secoue le pays. Olivier Kamitatu a notamment regretté l'absence d'actes concrets susceptibles de préparer le terrain à des assises apaisées. 

‎"La patience de l'opposition n'est pas un blanc-seing. L'opposition a rendu la main. Elle a reporté les marches. Ella a laissé une chance au dialogue. Et cette patience ne peut pas et ne saurait devenir, en aucun cas, une permis de tricher ou de contourner la Constitution", a-t-il prévenu.

‎Selon lui, le renvoi au Parlement de la loi fixant les conditions d'organisation du référendum par Félix Tshisekedi constitue un "délai" qui ne répond pas à l'essentiel. 

‎Olivier Kamitatu appelle ainsi le chef de l'État à s'abstenir de toute tentative de modification des règles du jeu à l'approche de la fin de son second mandat, dans le but de se maintenir au pouvoir au-delà du délai constitutionnel. 

‎"La Constitution dit : deux mandats. Pas trois. Pas par révision. Pas par changement de Constitution. Pas par référendum. Pas par artifice juridique. Le président a prêté serment de respecter et défendre la Constitution. Alors, qu'il respecte sa parole. Qu'il renonce à toute entreprise visant à modifier les règles du jeu à l'approche du terme de son second et dernier mandat. Qu'il prépare ce que tout démocrate prépare lorsque son temps s'achève : l'alternance", a-t-il souligné.

‎Face à cette mise en garde, l'opposant annonce les couleurs de la marche du 15 septembre prochain, tout en insistant sur son caractère pacifique et républicain.

‎"Nous ne voulons ni violence, ni chaos, ni vengeance. Cette mobilisation sera pacifique, civique et républicaine. Nous appelons les manifestants comme les forces de l’ordre à bannir toute violence. La Constitution se défend dans le respect de la Constitution", a déclaré Olivier Kamitatu.

‎Par ailleurs, il ne ferme pas la porte au dialogue, mais rappelle les conditions posées par l'opposition : 

‎- Libération des prisonniers politiques ;

‎- levée des condamnations politiques ; 

‎- Fin du harcèlement judiciaire ; 

‎- Rétablissement des libertés publiques ; 

‎- Organisation d'un dialogue véritablement inclusif, sous une facilitation crédible et impartiale, avec l’accompagnement des confessions religieuses et des partenaires régionaux et internationaux.

Derick Katola