RDC-Belgique : la C64 ignorée par le ministre belge des Affaires étrangères ?

‎En séjour à Bruxelles (Belgique) pour une série de rencontres diplomatiques, après le conclave tenu à Rome (Italie) du 26 au 27 octobre, la délégation de la Coalition article 64 (C64) n'a pas été reçue jeudi 29 octobre par le ministre belge des Affaires étrangères, Maxime Prévot. Selon l'opposant Martin Fayulu, le rendez-vous a été annulé à la dernière minute.

RDC-Belgique : la C64 ignorée par le ministre belge des Affaires étrangères ?
De gauche à droite, Jean-Marc Kabund, Moïse Katumbi, Augustin Matata, Martin Fayulu et Delly Sesanga

Le président de l'ECIDé, membre du présidium de C64 dit ne pas connaître la raison du refus des autorités belges de rencontrer les leaders de l'opposition congolaise.

‎"Je pense que la Belgique a ses raisons", a-t-il déclaré

‎Toutefois, la délégation de la C64 s'est rendue au Service européen d'action extérieure (SEAE) pour porter les conclusions de son appel à un dialogue national inclusif et solliciter l'appui de la diplomatie européenne.

‎Ce rendez-vous manqué entre les leaders de l'opposition congolaise et les autorités belges intervient dans un contexte tendu entre Kinshasa et Bruxelles, au lendemain des perquisitions menées par le parquet fédéral belge dans les résidences des membres de la famille présidentielle de la République démocratique du Congo à Bruxelles.

‎Si la Belgique souligne que les actions du parquet fédéral ne sont ni orchestrées, ni préméditées par la diplomatie belge, insistant sur l'indépendance de la justice belge vis-à-vis de l'exécutif, la pilule semble toujours amère pour Kinshasa.

‎Sur le chapitre sécuritaire, le chef de la diplomatie belge avait condamné le recours aux armes par l'ancien président Joseph Kabila pour conquérir le pouvoir, tandis que la C64 estime que l'ex-chef de l'État congolais doit participer au dialogue national inclusif.

‎Certains analystes estiment que l'annulation d'un rencontre entre les autorités belges et la délégation de la C64 serait une façon pour Bruxelles de faire profil bas alors et ne pas provoquer la détérioration des relations "historiques" qui la lie à la RDC. Quoi qu'il en soit, cette séquence constitue une douche froide pour l'opposition congolaise, qui cherche du soutien sur le plan international pour résoudre la crise politico-sécuritaire qui sévit au pays.