Privée de parole à la SADC depuis 2024, la RDC recouvre ses droits après apurement de ses arriérés

Privée de droit de parole aux réunions de la Communauté de développement de l'Afrique australe (SADC) depuis 2024 en raison de l'accumulation des arriérés de contributions, la République démocratique du Congo (RDC) a recouvré le plein exercice de ses droits au sein de cette organisation régionale. La décision a été entérinée lors de la réunion du Conseil des ministres de la SADC, tenue mercredi 12 août à Durban, en Afrique du Sud, en prélude du 46ᵉ Sommet ordinaire des chefs d’État et de gouvernement.

Privée de parole à la SADC depuis 2024, la RDC recouvre ses droits après apurement de ses arriérés
Photo officielle du 44e Sommet des chefs d'État et de gouvernements de la SADC

Selon la cellule de communication du ministère congolais de l’Intégration régionale, RDC peut désormais participer pleinement aux réunions, aux consultations et aux processus décisionnels de l'organisation. 

‎Pour le ministère, cette levée constitue un levier pour consolider la position de la RDC en tant qu'acteur majeur de l'Afrique australe.

‎"Cette décision revêt une importance particulière dans le contexte actuel, notamment au regard des enjeux sécuritaires dans l’Est de la RDC. Elle permettra au pays de prendre pleinement part aux discussions et aux mécanismes régionaux de recherche de solutions, mais également de renforcer sa coopération avec les États membres de la SADC", peut-on lire dans le document.

‎La régularisation de ces arriérés de contribution statutaire a été menée, affirme le ministère de l’Intégration régionale, malgré un contexte économique difficile, marqué notamment par les conséquences de l'agression rwandaise dans l’Est du pays, à travers le mouvement rebelle de l'AFC/M23.

‎"Le paiement de ces arriérés est intervenu dans un contexte particulièrement difficile pour le pays, victime d’actes d’agression dont la gestion pèse sur les finances publiques. Néanmoins, consciente de l’importance stratégique de la SADC et forte de son engagement constant au sein de l’organisation, le Gouvernement congolais a tout mis en œuvre pour régulariser sa situation financière", précise le ministère.

‎Pour rappel, lors du sommet extraordinaire de la SADC, tenu en visioconférence ce mercredi 17 décembre 2025 et dédié à la crise politique à Madagascar, le président Félix Tshisekedi, s'était vu refuser le droit de parole. Cette sanction, appliquée selon des sources internes à l’organisation, découle des arriérés financiers accumulés par la RDC pour le financement de la Mission de la SADC en RDC (SAMIDRC), une force régionale déployée de 2023 à 2024 pour contrer l’avancée du M23 dans l’est du pays, dont le mandat s’était achevé en mars 2025.

Derick Katola