Le rappeur belgo-congolais Damso dénonce la corruption et "la justice-marché" dans une lettre ouverte à Félix Tshisekedi
Le rappeur belgo-congolais, Damso, a adressé, ce dimanche 2 novembre 2025, une lettre ouverte au président de la République démocratique du Congo (RDC), Félix Tshisekedi. Dans ce message posté sur son compte Instagram, l'artiste a exprimé avec virulence son constat d'un "désastre" national, pointant du doigt la corruption endémique, une justice défaillante et la crise persistante dans l'Est du pays.
Il justifie son interpellation du chef de l'État congolais par la "honte, la colère et la douleur" de voir son pays "trahi par ceux qui avaient juré de le servir".
"Excellence Monsieur le Président, je vous écris non pas en adversaire, ni en opposant par posture mais en fils de la République, en témoin du désastre, en membre d'une diaspora qui porte dans sa chair la honte, la colère et la douleur de voir son pays trahi non par ses ennemis mais par ceux qui avaient juré de le servir", souligne-t-il.
Damso fustige l'inexistence d'une justice équitable en RDC. Selon lui, malgré les promesses de Félix Tshisekedi d'instaurer un État de droit, l'institution judiciaire, qui devrait en être le pilier, "protège les forts et écrase les pauvres".
"Vous aviez promis un État de droit mais la justice est devenue un marché. Elle ne juge plus, elle négocie. Elle protège les puissants et écrase les pauvres. Nos prisons sont pleines de voleurs de pain, tandis que les voleurs du pays écrivent les lois", a-t-il déploré.
Le musicien a par ailleurs dénoncé avec force la corruption qui selon lui, s'est érigée en "langue officielle de l'État" en dépit des engagements présidentiels pour éradiquer ce fléau.
"Vous aviez promis la fin de la corruption. Mais elle n'a jamais été aussi visible et aussi arrogante. La corruption est devenue la langue officielle du pays. Chaque rapport de l'Inspection Générale des Finances est un scandale étouffé", a-t-il écrit.
Enfin, Damso a condamné la perpétuation des crimes commis dans l'Est de la RDC, une région en proie à l'insécurité depuis plusieurs décennies, tout en fustigeant la porosité des frontières congolaises qui facilite ces conflits.





