RDC : 16 ans après l'assassinat de Chebeya et Bazana, la VSV exige la réouverture du procès, y compris contre John Numbi
La Voix des sans voix pour les droits de l'homme (VSV) exige la réouverture du procès sur le double assassinat des défenseurs des droits humains Floribert Chebeya et Fidèles Bazana, avec ou sans le lieutenant-général John Numbi, suspect numéro 1, de ce que d'aucuns qualifient de crime d'État. Cet appel a été lancé ce 1er juin, date de la commémoration du seizième anniversaire de la disparition de ces deux martyrs des droits de l'homme et de la démocratie en République démocratique du Congo, assassinés dans les locaux de l'inspection générale de la police le 1er juin 2010.
Lors d'une conférence de presse animée ce lundi par son Directeur exécutif, Rostin Manketa, la VSV a estimé que les avancées enregistrées au niveau de la justice militaire permettent de juger le lieutenant-général John Numbi. Elle cite notamment la réforme autorisant la désignation des magistrats de grade inférieur pour juger des prévenus de grade supérieur.
" L’Ordonnance-loi n°26/003 du 31 janvier 2026 a modifié les articles 35 et 67 et complété la loi n°023/2002 du 18 novembre 2002 portant code judiciaire militaire en République Démocratique du Congo. Cette réforme autorise la désignation des magistrats de grade inférieur pour juger des prévenus de grade supérieur au sein de la même catégorie. Ainsi, en cas d’absence des juges du grade requis, le premier Président de la Haute Cour Militaire peut désigner des juges de grade inférieur. De même, l’Auditeur Général peut commettre un magistrat du Ministère public de grade inférieur à celui du prévenu", précise la VSV.
Sur la même lancée, l'ONG invite la justice congolaise à statuer sur le sort des personnes encore en détention dans le cadre de cette affaire. La VSV cite notamment le général Zelwa Katanga, alias Djadjidja.
" De même le moment est plus qu’indiqué pour que certaines personnes en détention en l’occurrence le Général Zelwa Katanga « Djadjidja » et consorts soient jugées et qu’elles connaissent enfin leur sort concernant leur implication dans cet ignoble assassinat en mettant ainsi fin à ce que d’aucuns pourraient qualifier de détention prolongée sans jugement ", plaide cette structure.
Faisant d'une pierre deux coups, la Voix des sans voix pour les droits de l'homme a salué les sanctions imposées par les États-Unis contre l'ancien président Joseph Kabila, qui, selon l'ONG, a craché sur les acquis de l'alternance politique en RDC en se rangeant du côté de la rébellion de l'AFC-M23, soutenue par le Rwanda.





