‎Crise en RDC : les FSP de John Omombo appellent à un dialogue inclusif et avertissent contre le chaos

Dans une déclaration à la tonalité grave, le président des Forces socialistes progressistes (FSP), John Omombo, dresse un constat sans concession de la situation nationale. Face à ce qu'il qualifie de "bilan" désastreux, il invite le pouvoir de Kinshasa à sortir de la posture de déni et à embrasser la voie du dialogue républicain.

‎Crise en RDC : les FSP de John Omombo appellent à un dialogue inclusif et avertissent contre le chaos
John Omombo, président du parti FSP

Alors que la République démocratique du Congo traverse une période de turbulences multiples, la voix de l'opposition se fait de plus en plus pressante. Dans un message adressé à la nation, John Omombo, président des Forces Socialistes Progressistes (FSP), a brisé le silence pour dresser un état des lieux alarmant de la gouvernance actuelle.

‎Le constat de cet acteur politique est sans appel. "Le Congo saigne, et le pouvoir de Kinshasa regarde ailleurs", déclare-t-il d'emblée. Il énumère les maux qui rongent la nation : un peuple qui a faim, une vie chère qui étrangle les ménages, une partie orientale du pays qui s'embrase, des institutions fragilisées et des opposants traqués, emprisonnés ou contraints à l'exil.

‎Pour John Omombo, ce tableau n'est pas une fatalité, mais le résultat d'une gestion politique qu'il juge déconnectée des réalités. Il pointe du doigt un pouvoir qui, selon lui, préfère les slogans aux solutions concrètes.

‎L’ère Kabila : une expérience, pas un épouvantail

‎L’une des pierres angulaires de la déclaration de John Omombo réside dans sa défense de l’héritage et du rôle de l’ancien président Joseph Kabila. Alors que le pouvoir en place tend à diaboliser toute voix s'élevant de ce côté de l'échiquier politique, le président de la FSP refuse la facilité de l'invective.

‎"On nous dit : "ne l'écoutez pas, c'est Kabila." Non. Dix-huit ans à la tête de l'État, ça ne s'efface pas d'un slogan", martèle-t-il. 

‎Pour lui, le poids de la parole de l'ancien chef de l'État tient à son expérience du pouvoir et à sa connaissance de l’appareil d'État. Il rappelle que Joseph Kabila a proposé un "Pacte républicain", une main tendue que la FSP estime devoir être examinée sur le fond, plutôt que rejetée par réflexe.

‎"Quand un ancien président alerte, on ne l'insulte pas : on répond, ou on avoue qu’on n'a rien à répondre", assène-t-il, déplorant que le pouvoir de Kinshasa n'ait fourni aucune réponse argumentée, préférant l'anathème à la confrontation d'idées.

‎La responsabilité de Tshisekedi et le spectre du chaos

‎Interpellant directement le Chef de l'État, John Omombo utilise une métaphore forte pour désigner Félix Tshisekedi : celle du "Maître des horloges". Une manière de rappeler que le président détient les clés de la situation et, par conséquent, l'entière responsabilité de l'issue des crises actuelles.

‎"Qui a fermé toutes les portes ? Qui a condamné, traqué, menacé ?", s'interroge-t-il, tout en précisant que la FSP ne cautionne aucune violence. Mais il met en garde contre l'asphyxie politique : "On ne peut pas pousser un homme dans ses derniers retranchements puis s'étonner de sa réaction."

‎Pour le leader de la FSP, la voie de sortie de crise est étroite mais claire : un dialogue véritablement inclusif, une médiation neutre et des garanties pour tous. 

‎"Hors de cette voie, il n'y a que le chaos, et ce choix portera votre nom", prévient-il.

‎In fine, John Omombo rappelle que le jugement des nations ne porte pas sur les victoires électorales ou les discours de circonstance, mais sur la capacité à préserver la vie et l'unité du pays. Il lance un appel solennel à la sagesse et à la hauteur, loin de la confrontation, pour tenter d'éviter au Congo une nouvelle spirale de violences.