Ebola en RDC : la CENCO salue l'action du gouvernement, mais dénonce des dysfonctionnements majeurs dans la riposte

‎La Conférence épiscopale nationale du Congo (CENCO) a exprimé de vives inquiétudes face à l’aggravation de l’épidémie d’Ebola qui sévit actuellement en République démocratique du Congo. Elle a toutefois salué les efforts du gouvernement et de ses partenaires dans la coordination de la riposte pour tenter de contenir la propagation du virus.

Ebola en RDC : la CENCO salue l'action du gouvernement, mais dénonce des dysfonctionnements majeurs dans la riposte
Des évêques de la CENCO

‎Dans un message diffusé ce jeudi 3 septembre, la CENCO a rendu hommage au courage "remarquable" des professionnels de la santé et des bénévoles, les encourageant à honorer leur métier ainsi que leur engagement, en dépit des conditions de travail particulièrement difficiles.

‎Néanmoins, les évêques catholiques pointent plusieurs dysfonctionnements qui entravent la lutte contre l'épidémie. Ils évoquent notamment le manque de matériel de protection dans les structures sanitaires, la démotivation des soignants faute de rémunération, ainsi que la désinformation et les résistances au sein des communautés locales 

‎Les évêques catholiques appellent la population à prendre la menace au sérieux et à respecter scrupuleusement les mesures édictées par les autorités sanitaires.

‎Par ailleurs, ils s'engagent à apporter leur contribution en matériel dans le cadre des efforts conjugués de riposte. Les évêques invitent également les directeurs des centres pastoraux diocésains et les curés des paroisses à mettre en œuvre le plan de prévention et de lutte contre Ebola.

‎Selon le rapport de situation publié le 1er septembre par l'Institut national de santé publique (INSP), qui compile les données arrêtées au 31 août 2026, la souche Bundibugyo a causé 3 007 décès, avec un taux de létalité global de 48,6%.

‎Au total, six provinces et 60 zones de santé en RDC, sont désormais touchées, pour un cumul de 6 186 cas confirmés. Cette 17è épidémie s'impose comme la plus meurtrière jamais enregistrée dans le pays. 

‎L'Ituri demeure l'épicentre de l'épidémie avec 28 des 36 zones de santé affectées, suivi du Nord-Kivu et de la Tshopo. En revanche, le Sud-Kivu, où une seule zone de santé reste concernée, enregistre 92 jours consécutifs sans nouveau cas confirmé.