Transco : la nomination d'un troisième comité de gestion intérimaire en un an suscite la colère des agents
Un nouveau comité de gestion a été nommé à la tête de la Société des Transports au Congo (Transco). La décision émane du vice-premier ministre chargé des Transports, Voies de communications et Désenclavement, Jean-Pierre Bemba.
Dans un arrêté signé lundi 2 mars, Jérémie Kilubu, cadre de BUREC, a été désigné Directeur général intérimaire, tandis que Luthanges Kanto a été promu Directeur général adjoint par intérim. Ce dernier, un "fils maison", a déjà occupé le poste de coordinateur d'exploitation au sein de l'entreprise.
Cette nomination intervient seulement moins de deux semaines après la désignation de Solange Kabedi comme Directrice générale intérimaire à la suite de la suspension du Directeur général Sylvestre Bilambo, cadre du Mouvement de libération du Congo (MLC), le parti de Jean-Pierre Bemba. Bilambo faisait l'objet d'enquête sur sa gestion de cette entreprise publique de transport.
Avec cette décision, Transco enregistre son troisième comité de gestion intérimaire en l'espace d'un an, une situation qui suscite de vives inquiétudes parmi les agents. Plusieurs employés dénoncent ce qu'ils qualifient de "tâtonnements" du vice-premier ministre Jean-Pierre Bemba, accusé de déstabiliser l'entreprise par des nominations provisoires répétées. Ils craignent que cette instabilité à la tête de la direction n'ait des répercussions négatives sur le fonctionnement de cet établissement public, essentiel au transport en commun.
Il y a tout juste un an, le 5 février 2025, Jean-Pierre Bemba avait déjà suspendu le directeur général de l'époque Cyprien Mbere Moba, sans que les raisons de cette décision n'aient été clairement expliquées à ce jour. Depuis le départ de l'ancien bâtonnier du Bandundu, Transco n'a cessé de connaître des remaniements à sa tête, sans aucune amélioration noble de sa gestion. Bien au contraire, cette société, autrefois considérée comme une fierté nationale, n'est plus que l'ombre d'elle-même. Elle souffre d'une gestion jugée peu orthodoxe, marquée par des nominations fantaisistes, partisanes et dépourvues de vision à long terme.
Par ailleurs, malgré le renforcement de sin parc automobile grâce à la fabrication locale des bus Mercedes par Suprême Automobile, Transco peine toujours à assurer une desserte correcte, tant à Kinshasa que dans d'autres coins du pays. Ses nombreux véhicules, mieux, ses épaves, tombent régulièrement en panne, notamment sur la route nationale numéro un (RN1), entre Kinshasa et Kikwit, ou encore sur l'axe Kinshasa-Matadi. Certains incidents frôlent même des accidents mortels, au grand dam de ses usagers.
Àlors, à quand le prochain comité "intérimaire" ? seul Jean-Pierre Bemba le sait.





