Kinshasa dans le noir : les Kinois dénoncent des coupures prolongées et appellent à une marche de protestation

Une grande partie de Kinshasa, la capitale de la République démocratique du Congo, est plongée dans le noir. Depuis des semaines, des coupures d'électricité prolongées sont observées dans plusieurs communes de la capitale.

Kinshasa dans le noir : les Kinois dénoncent des coupures prolongées et appellent à une marche de protestation
Teddy Lwamba, Directeur général de la SNEL

Ces coupures interviennent alors que les élèves ont à peine repris les cours et paralysent les activités socio-économiques des Kinois, qui, pour la plupart, évoluent dans le secteur informel. Pour pallier cette situation, certains ont recours aux groupes électrogènes ou encore aux panneaux solaires.

‎Face à cette situation qui impacte considérablement les ménages et les commerces, les Kinois publient des vidéos sur les réseaux sociaux pour dénoncer les coupures d'électricité dans leurs quartiers respectifs.

‎« Cela fait deux semaines qu'il n'y a pas de courant. Je ne sais pas cuisiner. Nos aliments pourrissent dans les congélateurs », s'est alarmée une Kinoise, avant qu'une autre ne lâche : « On dort et on se réveille dans le noir. Nos provisions pourrissent. Nous étudions même à l'aide de torches, mais chaque mois vous envoyez vos factures. Cela fait des jours que nous vivons cette situation. »

‎Certains accusent Teddy Luamba, directeur général de la Société nationale d'électricité (SNEL), de ne pas être à la hauteur de sa mission.

‎« Le courant est devenu une denrée rare à Kinshasa. D'un côté, il y a l'insécurité, et de l'autre, vous ajoutez les coupures d'électricité. Directeur général de la SNEL, la démission est aussi une option à envisager si vous n'y parvenez pas », s'est exprimé un Kinois.

‎Et un autre de s'interroger : « Nous payons nos factures à la fin de chaque mois, mais où va cet argent ? »

‎Habitante de Lemba et actrice comédienne, Ladona a, quant à elle, appelé à une marche de protestation contre la SNEL, sans en proposer la date.

‎« Trop, c'est trop ! On souffre. Dans d'autres pays, ils ne souffrent pas comme nous. Depuis août, nous n'avons plus un courant stable, alors que nous payons nos factures. Trouvez-nous une solution avant que nous n'organisions une marche de protestation », a-t-elle lancé.

‎Selon certaines sources, cette situation n'a pas non plus épargné des institutions comme le Parlement et le Palais de la Justice, où des coupures ont été signalées.

‎Ces dénonciations et appels à une marche de protestation pourraient marquer un tournant décisif dans la revendication du droit à l'électricité, reconnu par la Constitution congolaise en son article 48.

‎Jusqu'ici, la SNEL n'a pas donné d'explications précises au sujet de ces coupures dénoncées par les Kinois.

‎C.K