‎RDC : L’Assemblée nationale déclare recevable le projet de loi anti-corruption et proroge l’état de siège

Réunie en plénière ce lundi 28 septembre, la Chambre basse du Parlement a franchi une étape décisive dans la lutte contre la corruption en déclarant recevable le projet de loi y afférent. Les députés ont également voté pour la prorogation de l’état de siège dans l’Est du pays, lors d’une séance marquée par un hommage solennel aux victimes de récents drames nationaux.

‎RDC : L’Assemblée nationale déclare recevable le projet de loi anti-corruption et proroge l’état de siège
Le premier vice-président de l'Assemblée nationale, Isaac Jean-Claude Tshilumbayi présidant la séance plénière du lundi 28 septembre

Les élus nationaux ont examiné le projet de loi portant lutte contre la corruption. Le texte a été présenté et défendu par le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa.

‎Dans son exposé, le ministre a souligné les insuffisances du dispositif juridique actuel. Malgré l’existence de textes relatifs au blanchiment de capitaux, au financement du terrorisme ou encore à la prolifération des armes de destruction massive, le cadre légal demeure inadapté face à l’ampleur du phénomène.

‎Selon Guillaume Ngefa, ce nouveau texte de 144 articles vise à doter la RDC d’un arsenal juridique spécifique et moderne. Il poursuit plusieurs objectifs majeurs :

‎· Prévenir, détecter et réprimer les actes de corruption et les infractions assimilées ;

‎· Renforcer la bonne gouvernance et promouvoir une gestion publique conforme aux objectifs de développement durable ;

‎· Consolider la coopération internationale ;

‎· Organiser le recouvrement des avoirs illicites issus de la corruption.

‎Des députés exigeants sur les institutions et la traçabilité

‎À l’issue de la présentation, un débat approfondi s’est engagé. Les députés nationaux ont formulé plusieurs observations et propositions visant à renforcer l’efficacité du texte.

‎Parmi les préoccupations soulevées, les élus ont plaidé pour :

‎· Le renforcement et l’amélioration des institutions chargées de la lutte contre la corruption ;

‎· Une meilleure protection des juges et magistrats, ainsi que l’amélioration de leurs conditions de travail ;

‎· Le renforcement des institutions de contrôle, gérées par des personnes compétentes et capables d’obtenir des résultats concrets ;

‎· L’amélioration de la traçabilité et des mécanismes de recouvrement des avoirs ;

‎· L’uniformisation du système de contrôle.

‎Au terme des débats, le projet de loi portant lutte contre la corruption a été déclaré recevable et renvoyé à la Commission politique, administrative et juridique (PAJ). Le vice-président Tshilumbayi a invité cette commission à un examen approfondi afin d’intégrer les observations et propositions formulées par les députés avant le retour du texte en séance plénière.

‎Par ailleurs, la plénière a adopté le projet de loi autorisant la prorogation de l’état de siège dans les provinces du Nord-Kivu et de l’Ituri, une mesure exceptionnelle qui reste en vigueur pour faire face aux défis sécuritaires persistants dans cette région.