Du tohu-bohu à l’assemblée nationale : des députés pro et anti-pétition interpellés puis relâchés dans la nuit

La journée du vendredi 5 septembre a été mouvementée du côté de la majorité au pouvoir. En effet, des députés nationaux, qu’ils soient pétitionnaires opposés au bureau Kamerhe ou partisans de ce dernier, ont été interpellés par des forces de l’ordre dans leurs quartiers généraux respectifs.

Du tohu-bohu à l’assemblée nationale : des députés pro et anti-pétition interpellés puis relâchés dans la nuit
Quelques députés nationaux pétitionnaires relâchés par les forces de sécurité après leur interpellation

Réunis à l’hôtel Rotana de Kinshasa pour signer une déclaration de soutien au bureau de l’Assemblée nationale en faveur de la stabilité des institutions républicaines, plusieurs députés soutenant le bureau Kamerhe avaient été interpellés de manière musclée par des éléments armés. Leurs téléphones auraient aussi été saisis, de même que la déclaration signée par plus d’une centaine de députés. 

Parmi les députés qui ont été interpellés, l’on cite notamment Claude Misare, Émile Sumaili, Véronique Lumanu, Ida Kitwa, Ilunga Leu et Jovany Ilunga Liyolo. Ils ont été finalement relâchés à 3h45 ce samedi 6 septembre. 

Parallèlement, plusieurs députés appartenant au groupe de contestataires, ont également inquiétés. Certains d’entre eux ont été brièvement interpellés avant d'être relâchés.

"Le bureau de l’Assemblée nationale a déployé un groupe d’hommes armés, dont certains en uniformes de police, pour procéder à notre arrestation dans notre quartier général à l’hôtel Everest, saisir la pétition et fouiller nos affaires à la recherche d’argent. Grâce à notre détermination, nous avons réussi à récupérer l’ensemble des documents, et nos collègues se sont vaillamment battus pour protéger la pétition. Bien que certains d’entre nous aient été arrêtés, ils ont lutté et sont parvenus à s’échapper. Nous réaffirmons avec force notre engagement à poursuivre la collecte de signatures pour la pétition visant à destituer le bureau de Vital Kamerhe", a déclaré le député national Crispin Mbindule.

Il est à noter que cette initiative de destitution de l’ensemble du bureau de l’assemblée nationale est jugée inopportune par une frange de la classe socio-politique congolaise. Celle-ci redoute une déstabilisation des institutions en cette période où la République démocratique du Congo fait face à une agression extérieure.