Rejet de la motion contre Shabani : entre "signal politique" réussi pour l'initiateur et " maturité démocratique " saluée par l'Union sacrée
L'initiateur de la motion de défiance visant le vice-premier ministre chargé de l'Intérieur, Sécurité, Décentralisation et Affaires coutumières, Jacquemain Shabani, ne considère pas le rejet de sa démarche comme un échec politique. Le député Laddy Yangotikala s'est exprimé ainsi à l'issue de la plénière ayant déclaré irrecevable son initiative parlementaire.
Pour l'élu de Kisangani, cette motion constituait avant tout un signal politique sur la sécurisation de la population et la nécessité de mettre fin à ce qu'il décrit comme une immixtion de l'exécutif dans les pouvoirs législatif et judiciaire.
" Je n'ai pas échoué. Je crois qu'à partir de maintenant ils vont commencer à sécuriser la population. Je pense qu'ils ont compris ", a-t-il déclaré.
De son côté, le secrétaire permanent de l'Union sacrée de la nation (USN), André Mbata, a salué le rejet pour irrecevabilité de cette motion. Selon lui, les élus de la majorité présidentielle ont respecté leurs engagements dans le cadre de la Charte de cette plateforme politique et électorale de Félix Tshisekedi.
Dans un message de félicitations adressé aux élus, André Mbata a cependant indiqué que l'issue de cette plénière n'avait eu " ni vainqueurs ni vaincus ". Pour lui, cet épisode représente une démonstration de maturité démocratique " impensable sous l'ancien régime ".
Rappelons que lors d'une plénière à haute tension mercredi 29 mars, les députés nationaux ont déclaré irrecevable la motion de défiance visant le vice-premier ministre chargé de l'Intérieur, Jacquemain Shabani. Cela faisait suite à une motion incidentielle du député national Garry Sakata.
L'élu de Bagata a qualifié cette initiative de "corrompue" suite à la présence, sur la liste des signataires, de noms d'inconnus ne siégeant pas à l'Assemblée nationale comme députés nationaux. Garry Sakata a aussi mis en cause une "surcharge" sur la liste de signatures et des faux en écriture.
Sur les 52 signataires identifiés, les élus proviennent de 18 groupes parlementaires différents. Le groupe AFDC-A de Modeste Bahati, a enregistré 10 signataires, suivi de la Dynamique Agissons de Sama Lukonde, président du Sénat, avec six signataires. Des groupes proches de Vital Kamerhe, Moïse Katumbi et Fifi Masuka comptent chacun quatre signataires.
Selon le site Talatala, la contestation contre Jacquemain Shabani trouve un écho particulier dans les provinces les plus exposées à l'insécurité. Il s'agit entre autres de l'Ituri et la Tshopo.
Les motionnaires reprochaient notamment au vice-premier ministre chargé de l'Intérieur d'avoir ordonné à plusieurs reprises la suspension de motions de défiance dans des assemblées provinciales, de s'être immiscé dans l'installation de gouvernements provinciaux à Kinshasa et au Haut-Katanga en 2024, d'avoir contrecarré la destitution régulière du gouverneur de la Tshopo en octobre 2025, ainsi que de n'avoir pas su endiguer la recrudescence de l'insécurité dans les grandes agglomérations du pays.





